Une importante plateforme de revente de données volées, ou look up, a été démantelée et mise hors ligne et ses trois administrateurs présumés interpellés, une opération présentée par les enquêteurs comme une première de cette ampleur en France, a-t-on appris auprès du parquet.
Initialement connu sous le nom de Reacher, puis renommé Stryxx, ce site « revendiquait 730 millions de lignes de données indexées et plus de 3 millions de requêtes réalisées », a précisé le patron de l’Office français anti-criminalité (Ofac), Nicolas Guidoux, dans un post LinkedIn.
Le site avait été créé en mars 2026 et une enquête avait été ouverte le 15 mai par la section spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a-t-il précisé.
« Cette plateforme proposait, via différentes formules d’abonnement ou l’achat de crédits, trois modes de recherche, ainsi qu’une fonction multi-critères », a décrit M. Guidoux.
Il était notamment possible de chercher par nom, prénom, date de naissance, numéro de téléphone, de compte en banque ou immatriculation de véhicule, a précisé le parquet.
« Certaines offres additionnelles permettaient d’accéder à des fonctionnalités supplémentaires ou à des contenus premium. Ce démantèlement est le premier en France pour une plateforme spécialisée dans l’organisation, la compilation et la revente de données », a souligné M. Guidoux.
Dans un communiqué, le parquet de Paris a précisé que les trois personnes interpellées, des adolescents âgés de 17 ans et inconnus de la justice, seraient convoqués en janvier devant le tribunal pour enfants de Paris. Ils risquent dix ans de prison.
Semblable à des moteurs de recherche, les look up sont des moteurs de recherche clandestins alimentés par des bases issues de cyberattaques, qui permettent de chercher des informations en saisissant par exemple un nom et un prénom. Si certains ne sont accessibles que sur le dark web, d’autres peuvent aussi être consultés sur l’internet classique.
Ces sites, dont les adresses circulent le plus souvent sur des forums consacrés à la cybercriminalité, ou des chaînes sur des messageries telles que Telegram ou Signal, proposent de nombreuses fonctionnalités payantes.
« Entre février et octobre 2026, la section cybercriminalité du parquet de Paris a diligenté une dizaine d’enquêtes pénales portant sur des sites d’agrégats de données volées, eux-mêmes alimentés par des fuites de données », a précisé le parquet, selon lequel il s’agit de la deuxième affaire donnant lieu à des poursuites pénales.
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