Le futur porte-avions « France libre », dont le nom a été dévoilé mercredi par Emmanuel Macron, devrait plutôt être appelé « la France libre » que « le France libre », selon les règles relatives aux noms des navires en vigueur.
En lançant à la fin de son discours « Vive la République! Vive la France! Vive le France libre! », le président a utilisé le masculin, alors que les règles en usage recommandent plutôt le féminin
En effet, la langue française prévoit de différencier le genre des navires selon leur nom, à la différence de la langue anglaise dans laquelle ils sont traditionnellement tous de genre féminin.
Dans son « Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale », cette institution de référence écrit que « l’article qui précède le nom propre français prend le genre de celui-ci », rappelant que la question a été tranchée par des circulaires ministérielles en 1934 et 1955, « approuvées par l’Académie française et l’Académie de marine ».
Ainsi, pour les bâtiments militaires, un marin du ravitailleur de force Somme embarquait sur « la Somme », de même que ceux qui servaient sur « la Jeanne d’Arc », un croiseur porte-hélicoptères.
L’Imprimerie nationale admet toutefois des exceptions, consacrées par l’usage, comme ce fut le cas avec le célèbre paquebot France, que tout le monde appelle « le France ».
L’animateur du site internet d’histoire maritime « Trois ponts », Nicolas Mioque, a consacré en 2015 un article à la question, reproduisant les termes de la circulaire du 13 août 1934 du ministre de la Marine de l’époque, François Pietri.
« L’article devra toujours être employé lorsqu’on citera le nom d’un navire de guerre sans le faire précéder de celui de sa catégorie, exemple: la Provence, la Jeanne-d’Arc, le Vauban, la Psyché. Exception de cette règle ne sera tolérée que dans le style télégraphique », est-il écrit.
Et « lorsqu’on fera précéder le nom du navire de celui de sa catégorie, l’article devra toujours figurer devant le nom s’il fait partie intégrante du nom officiel ; il n’y figurera pas dans le cas contraire ; exemple : le contre-torpilleur Le Fantasque, le torpilleur La Palme, le sous-marin La Sultane, le cuirassé Provence, le croiseur Foch, le torpilleur Tramontane ».
A l’époque, rappelle Nicolas Mioque, « l’Académie française (…) félicita le ministre pour cette décision jugée +[respectueuse de] la tradition qui concorde, du reste, avec la grammaire et l’euphonie+ ».
Sollicitée mercredi soir par l’AFP, l’Académie n’était pas immédiatement disponible pour commenter cette position.
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