Le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité Enedis a annoncé qu’il avait procédé mardi à une vaste opération de contrôles chez des professionnels de la grande distribution, soupçonnés de fraudes à la consommation.
Enedis a mené mardi « une opération de contrôle simultanée sur l’ensemble du territoire métropolitain », ciblant 134 sites « pour lesquels des signaux de fraude avaient été détectés », a indiqué l’entreprise dans un communiqué, précisant avoir agi « en coordination avec les forces de l’ordre et les fournisseurs d’électricité ».
« Les contrôles ont particulièrement visé le secteur de la grande distribution, notamment des franchises d’enseigne, où des incohérences significatives avaient été repérées quant à la consommation d’électricité », a expliqué Enedis, qui n’a pas précisé quelles enseignes étaient concernées, ni le préjudice établi.
Contacté par l’AFP, le groupe a néanmoins précisé que le préjudice causé par un client professionnel fraudeur s’élève en moyenne à 40.000 euros, soit dix fois celui d’un particulier. Le préjudice causé à Enedis par ses clients professionnels s’élèverait par an à 100 millions d’euros.
« Certaines interventions frauduleuses portent non seulement sur le compteur d’électricité mais aussi sur les dispositifs de mesure raccordés à ce dernier », selon Enedis, qui déplore également les « risques importants d’électrisation et d’incendie » que font courir ces manipulations « aux salariés » des établissements concernés, ainsi qu’au public.
En amont de cette opération de contrôle, Enedis a « détecté » ces fraudes potentielles en comparant les consommations d’électricité observées avec celles d’autres établissements similaires de la même branche professionnelle, avant de procéder à des contrôles ciblés, menés par des techniciens assermentés.
L’entreprise doit encore mener des analyses complémentaires afin de confirmer les cas de fraude identifiés lors de cette opération.
« Pour chaque fraude avérée, les entreprises concernées recevront un document officiel précisant la quantité d’électricité consommée frauduleusement, qui sera facturée par leur fournisseur », a indiqué Enedis, qui déposera plainte pour chaque cas confirmé et se constituera partie civile si des poursuites sont engagées.
Grâce aux données issues du compteur Linky et des autres installations de comptage, Enedis a « opéré plus de 50.000 contrôles depuis 2022 et prévoit d’en mener près de 60.000 en 2026 ».
L’entreprise entend doubler ses équipes dédiées à la lutte contre la fraude, qui passeront d’ici à la fin 2026 à 500 salariés.
Selon Enedis, la fraude à l’électricité est passible d’amendes pouvant aller « jusqu’à 75.000 euros » en ce qui concerne « le vol d’énergie et jusqu’à 375. 000 euros pour escroquerie, avec des montants multipliés par cinq pour les personnes morales, assortis de peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement ».
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