Pas de soutien explicite à une interdiction « immédiate » mais une « position d’ouverture »: le ministère de la Santé a affiché mercredi une posture mitigée sur l’interdiction de la vente des boissons énergisantes aux moins de 16 ans, recommandée par un rapport parlementaire.
« Il n’existe pas aujourd’hui d’élément permettant au ministère de soutenir explicitement une interdiction immédiate des boissons énergisantes aux moins de 16 ans », a répondu le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist, interrogé par des journalistes.
« Mais il existe en revanche un faisceau d’arguments sanitaires et internationaux justifiant une position d’ouverture à l’étude de cette mesure », a-t-on plaidé de même source.
L’interdiction des boissons énergisantes aux moins de 16 ans, mais aussi leur retrait des distributeurs automatiques, est l’une des recommandations d’un rapport copiloté par les députés Yannick Neuder (LR), ancien ministre de la Santé, et par Sandrine Runel (PS).
Si ces boissons « ne posent pas de risque sanitaire en population générale » en quantité « raisonnable », chez les enfants et adolescents notamment elle « peut bel et bien engendrer des effets nocifs », pointe le rapport présenté mercredi, qui doit nourrir des amendements au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027.
Les boissons énergisantes, composées de caféine, taurine, sucre, etc., revendiquent des propriétés stimulantes au niveau physique et intellectuel.
Pour justifier sa « position d’ouverture », le cabinet de Stéphanie Rist expose plusieurs arguments sanitaires.
Il pointe ainsi que « les boissons énergisantes présentent des risques sanitaires identifiés chez les mineurs », évoquant des « travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) » qui rapportent des troubles cardiovasculaires (tachycardie, arythmies, hypertension), des troubles du sommeil, de l’anxiété, de l’irritabilité et certains effets neurologiques.
Autre observation: des « associations fortes avec d’autres comportements à risque », comme la consommation d’alcool, de tabac ou d’autres substances.
Plusieurs pays européens ont déjà adopté des restrictions ou interdictions aux mineurs, notamment la Lituanie, la Pologne ou la Roumanie, relève encore le ministère.
Le marché des boissons énergisantes est en plein essor en France, « avec une forte innovation sur les formats, les goûts, les produits sans sucre… », a souligné mercredi Yannick Neuder devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée.
Malgré les risques plus élevés pour les enfants, adolescents et jeunes adultes, « cette frange de la population y semble particulièrement exposée », constate le rapport.
Pour Sandrine Runel, l’interdiction permettrait « de faire de la pédagogie pour expliquer aux jeunes qu’ils n’ont pas besoin de ces boissons sucrées pour se maintenir en forme et lutter contre la fatigue », a-t-elle résumé à l’AFP.
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !