La FNSEA, premier syndicat agricole de France, se réunit de mardi à jeudi à Caen pour un congrès destiné à renouveler son conseil d’administration et à lancer ses propositions en vue de la présidentielle de 2027, selon son président Arnaud Rousseau.
A 80 ans, la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), née en 1946 au sortir de la Seconde Guerre mondiale avec la volonté de produire – alors surtout du blé et des pommes de terre – « pour nourrir la France », n’a pas changé de message.
« La souveraineté, la capacité à produire, la compétitivité sont des fondements importants. Si on a des gens qui gagnent leur vie, on sera capable de faire les transitions nécessaires (…). Pour cela, il faut un certain nombre de décisions politiques, de simplifications, au niveau national comme au niveau européen », a déclaré Arnaud Rousseau à l’AFP.
A la tête du syndicat depuis trois ans, le céréalier de 52 ans, également président du géant des huiles Avril, brigue un nouveau mandat: il est pour l’heure seul candidat et devrait – sauf énorme surprise – être réélu le 16 avril, quinze jours après l’élection du nouveau conseil d’administration (de 68 membres) lors du congrès de Caen.
Ce congrès se tiendra à huis clos mardi avant d’être ouvert mercredi soir à la presse ainsi qu’à des personnalités politiques. Il verra l’adoption du « rapport d’orientation » du syndicat, qui a l’ambition d’en faire une « référence pour les candidats à l’élection présidentielle de 2027 », selon un communiqué.
Ce document porte « une vision stratégique » dont la FNSEA estime qu’elle a fait défaut ces dernières années et trace, selon elle, « un cap clair pour enrayer le déclin de l’agriculture française ».
Ces dernières années, la FNSEA a vu sa domination du monde agricole contestée, notamment au profit de la Coordination rurale, qui lui a ravi la présidence de quelques chambres d’agriculture et des adhérents séduits par le discours « dégagiste » et les actions coup de poing des bonnets jaunes de la CR.
– Rester « prescripteur » –
Arnaud Rousseau ne nie pas traverser une zone de turbulences.
En trois ans, il a vu passer « cinq premiers ministres et six gouvernements », ce qui ne facilite pas le travail d’un « corps intermédiaire » comme la FNSEA, tandis que les crises s’enchaînent: récolte catastrophique de blé en 2024, crises de la viticulture, multiplication des maladies animales et, depuis un mois, nouvelle flambée des prix du carburant et des engrais.
« Tout le monde hurle dans le monde agricole, avec raison ». Mais, dans la tempête, se félicite-t-il, « la FNSEA continue à être l’interlocuteur de référence des pouvoirs publics ».
Il souligne l’important travail de lobbying de l’organisation qui a porté des dizaines d’amendements au budget et co-construit certains textes législatifs destinés à alléger les contraintes des exploitants. Il défend « le goût d’entreprendre » dans un univers mondialisé où la France a des cartes à jouer: produire, transformer, exporter.
La succession des crises et l’instabilité politique a de fait renforcé la FNSEA comme interlocuteur privilégié du gouvernement.
Concernant la dermatose bovine, la ministre de l’Agriculture a ainsi vu sa politique sanitaire, très contestée par les autres syndicats, soutenue par la FNSEA. Et la Loi d’urgence agricole, annoncée en février par le Premier ministre à l’issue d’un déploiement de tracteurs de la FNSEA devant l’Assemblée, reprend point par point les demandes du puissant syndicat.
Seul syndicat également considéré comme une organisation patronale, la FNSEA revendique 212.000 adhérents (anciens exploitants inclus).
« Depuis 80 ans, on veut être prescripteur », martèle Arnaud Rousseau, à la tête d’une organisation qui veut incarner une voie moyenne entre la radicalité de la Coordination rurale et l’anti-capitalisme de la Confédération paysanne.
Et si la FNSEA a ferraillé – en vain – contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur ou la taxe carbone aux frontières appliquée aux engrais, le syndicat défend toujours « des valeurs ancrées dans une vision européenne ».
Défendre une PAC (Politique agricole commune) solide reste une priorité pour le syndicat, au même titre que la défense de « moyens de production » (eau, pesticides, engrais) à armes égales entre Européens: « A marché unique, règles uniques », résume Arnaud Rousseau.
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