La France et l’Allemagne ont confirmé vendredi avoir conclu un accord sur l’avenir de l’industrie automobile européenne, qui va se traduire par une moindre réduction des émissions de CO2 à l’horizon 2035, mais un « Made in Europe » renforcé.
Les deux pays sont « parvenus à un accord sur une approche commune visant à assurer l’avenir de l’industrie automobile européenne », écrivent Paris et Berlin dans une déclaration commune.
« Nous portons une ambition claire : réussir la transformation de notre industrie automobile, tout en maintenant notre ambition climatique et notre production en Europe », a assuré le président français Emmanuel Macron sur X.
Pour parvenir à ce compromis, Paris a dû accepter des flexibilités supplémentaires pour les véhicules thermiques, que réclamait Berlin afin de préserver sa puissante industrie automobile.
Cet accord confirme ainsi le renoncement des Européens à passer au tout-électrique en 2035, au grand dam des organisations environnementales.
Selon un document franco-allemand consulté par l’AFP dès jeudi, les industriels devront baisser leurs émissions de CO2 de 90% à cette échéance, mais sans compenser les 10% restants, contrairement à une proposition initiale de la Commission européenne.
Ce texte justifie cette concession par « l’utilisation croissante de carburants » dits « renouvelables », dont les biocarburants.
En échange, l’Allemagne accepte une définition plus stricte de la préférence européenne, qui consiste à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir en composants fabriqués en Europe ou dans certains pays partenaires.
Cette logique du « Made in Europe », une forme de protectionnisme, serait réservée à la production au sein des Vingt-Sept et chez des partenaires proches comme la Grande-Bretagne, la Norvège ou la Suisse.
Elle vise notamment à résister au déferlement de véhicules chinois en Europe.
L’Allemagne a longtemps défendu un « Made with Europe » (fait avec l’Europe), élargi à de nombreux pays. Elle a finalement validé les critères plus stricts que réclamait Paris.
Cet accord devrait permettre à l’Union européenne d’avancer sur son « paquet » automobile et sur sa législation sur la préférence européenne, en train d’être négociés entre les Vingt-Sept et au Parlement européen.
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