La dynamique de reindustrialisation a poursuivi son ralentissement en 2025 en France, avec un solde net d’ouvertures et d’extensions de sites positif mais en baisse « notable » par rapport à 2024, selon le baromètre industriel publié dimanche par le ministère de l’Economie.
« En 2025, la France continue d’ouvrir et d’agrandir plus d’usines qu’elle n’en ferme ou n’en réduit, le nombre d’ouvertures d’usines est stable par rapport à 2024, mais la tendance au ralentissement se poursuit de façon marquée », indique ce baromètre dont l’objectif est de mesurer de manière semestrielle l’évolution de la réindustrialisation en France.
Il relève un solde net d’ouvertures et d’extensions de +19, en baisse notable par rapport à 2024 (+88), souligne-t-il.
La dynamique de création devrait se poursuivre en 2026, poursuit le baromètre selon lequel 150 usines sont « en cours de création, soutenues par le crédit impôt pour l’industrie verte, l’appel à projets +Première usine+ du plan d’investissement France 2030, ou annoncées dans les dernières éditions de Choose France », indique-t-il.
En revanche, « la dégradation du contexte international pèse fortement sur la dynamique des fermetures d’usines » avec une concurrence internationale accrue et marquée par l’essor de surcapacités asiatiques, l’instauration de droits de douane par les Etats-Unis et la hausse des prix de l’énergie qui affecte la compétitivité des industriels français.
Face à cette situation, l’Etat continue de soutenir l’industrie française à l’échelon national, via ses dispositifs de financement, et « intensifie son action » au niveau européen en faveur du soutien à la compétitivité de l’industrie, notamment par la défense de la préférence européenne, la simplification des procédures ou encore le renforcement du MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières).
Les observations du baromètre de Bercy sont plus optimistes que celles du cabinet Trendeo, publié début février, selon lequel 2025 a été marquée par plus de fermetures que d’ouvertures de sites industriels en France.
Trendeo a recensé un solde négatif de -63, « qui n’avait plus été atteint » depuis 2013.
Bpifrance estime de son côté que la réindustrialisation de la France « est sur un plateau » mais « il faut de plus en plus d’efforts » pour s’y maintenir, selon son directeur général Nicolas Dufourcq.
Selon le baromètre de Bercy, l’industrie verte comptabilise le plus grand nombre d’ouvertures nettes (+26), suivie de la défense, l’aéronautique et le spatial (+19) et l’électronique (+12).
A l’opposé on trouve des secteurs comme les transports (-14), la chimie (-8), l’industrie mécanique (-8) et la métallurgie (-6).
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