Le Canada et l’Allemagne ont annoncé mercredi travailler ensemble au développement d’une intelligence artificielle « au service de l’humain » face aux inquiétudes croissantes sur les risques pour l’humanité des modèles les plus avancés.
« Aucun pays ne peut construire seul. C’est pourquoi le Canada et l’Allemagne lancent une alliance » afin « de construire une (IA éthique), avec nos valeurs », a déclaré le ministre canadien de l’Intelligence artificielle, Evan Solomon, lors de la conférence ALL IN, dédiée à l’IA, à Montréal.
« Le Canada et l’Allemagne s’engagent sur la base de la démocratie, des valeurs » pour « transformer la recherche en produits (d’IA) fiables », a ajouté le ministre allemand du Numérique, Karsten Wildberger.
C’est un « moment décisif » pour le développement de l’IA, et Berlin et Ottawa souhaitent soutenir une « technologie au service de l’humain », a poursuivi Evan Solomon.
Le débat sur les risques de l’IA est monté en puissance depuis le début de l’été après une série d’incidents et de déclarations apocalyptiques de plusieurs professionnels du secteur.
Dans le cadre de leur partenariat, les deux pays se sont notamment engagés à financer l’organisation canadienne à but non lucratif LoiZéro, fondée par le professeur Yoshua Bengio qui est considéré comme l’un des pères de l’IA, à hauteur de 300 millions de dollars canadiens (187 millions d’euros).
Ce financement doit « propulser la prochaine phase de recherche » de l’organisation sur des systèmes d’IA sûrs et éthiques et lui permettre d' »étendre ses activités en Europe », notamment en ouvrant un bureau à Berlin, a annoncé la startup de Yoshua Bengio, lauréat en 2018 du prix Turing, l’équivalent du Nobel pour l’informatique, avec Geoffrey Hinton et Yann LeCun.
Dans un entretien accordé à l’AFP, M. Bengio a jugé que l’humanité était en train de perdre le contrôle de cette technologie et a appelé à la mise en place de « garde-fous » face à un « enjeu international ».
Cette alliance entre Berlin et Ottawa est un exemple supplémentaire du rapprochement opéré entre le Canada et les pays européens.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé mercredi que le Canada puisse devenir le premier pays « membre associé » de l’UE, devant son Premier ministre Mark Carney, longuement applaudi par les eurodéputés.
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