Le gouvernement a annoncé mercredi la mise en place d’un plan national contre le frelon asiatique, voté par le Parlement en 2025 et visant à mieux organiser la lutte contre ce fléau, aujourd’hui dans les mains des collectivités ou acteurs concernés.
L’arrêté portant adoption du « Plan+ national de lutte contre le frelon +asiatique+ à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) », a été publié au Journal officiel, suscitant cependant la « déception » de l’Union nationale des apiculteurs de France (UNAF).
Il prévoit de classer les départements selon quatre niveaux d’exposition, avec un pilotage national et l’adoption dans les six mois de déclinaisons départementales élaborées sous autorité du préfet avec les collectivités, filières, associations environnementales…
Objectif : « organiser une lutte cohérente à l’échelle nationale, proportionnée à la pression (…) sur les territoires » et améliorer les connaissances, expliquent les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture dans un communiqué commun.
Introduit en 2004 dans le Lot-et-Garonne probablement après l’importation de poteries de Chine, aujourd’hui présent dans tous les départements hexagonaux, ce frelon est un grand prédateur d’insectes et en particulier d’abeilles domestiques, pouvant éliminer jusqu’à 30 à 50% du cheptel apicole sur une exploitation. Il s’attaque aussi aux fruits mûrs (arboriculture, viticulture).
Il peut enfin être un risque pour la santé humaine et la sécurité publique, ajoutent les ministères.
Alors qu’une éradication complète n’est « plus envisageable », « le plan vise à limiter ses impacts », via la destruction de nids, le piégeage des fondatrices au printemps, des dispositifs de réduction du stress des abeilles… Une « enveloppe exceptionnelle » de 3 millions d’euros est prévue par le ministère de la Transition écologique pour 2026 pour aider les territoires.
La loi de 2025 prévoyait aussi un système d’indemnisation des apiculteurs ayant subi des pertes économiques.
Mais à ce stade, cela « constitue un dispositif distinct du plan national de lutte », précise le gouvernement mercredi, ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture se renvoyant la charge du sujet.
« Nous sommes très déçus », a réagi Jade Robert, responsable filière et environnement de l’abeille à l’Union nationale des apiculteurs de France (UNAF), qui parle d' »effet d’annonce ».
L’article 2 de la loi, qui prévoyait une indemnisation des apiculteurs, n’est pas appliqué, souligne-t-elle, expliquant à l’AFP que le ministère de l’Agriculture renvoie désormais le sujet à la Transition écologique car le frelon n’est pas une maladie mais une espèce exotique envahissante.
Surtout, les apiculteurs demandent des moyens pour déployer des protections qui représentent pour eux un coût moyen d’un peu moins d’un million d’euros par département et par an (un piège sélectif coûtant par exemple 40 euros pour 4 ruches), ajoute l’UNAF.
Lors des débats au Parlement, des députés avaient aussi appelé à écrire noir sur blanc que les substances permettant de détruire les nids soient « non nocives pour l’environnement »; le plan « insiste sur la nécessité de privilégier des méthodes sélectives afin de limiter les effets sur les espèces non ciblées », indique le gouvernement mercredi.
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