Le chauffage domestique au bois constitue une « source majeure » de pollution de l’air, notamment en période hivernale et dans les zones densément peuplées, indique jeudi l’Anses dans un avis, recommandant de poursuivre les efforts de surveillance et de renouvellement des installations.
En France métropolitaine, entre décembre 2020 et février 2021, la contribution du chauffage domestique au bois a été estimée en moyenne à 77% du niveau de concentration atmosphérique en particules organiques, à 72% pour le carbone suie et à 40% pour les particules fines (PM 2,5), indique l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
En France, près de 7,5 millions de ménages utilisent le bois pour se chauffer. Or, « les bois de chauffage contiennent des quantités variables de cellulose, lignine, tannins, etc. qui produisent différents composés lorsqu’ils sont brûlés », entraînant la formation de résidus charbonneux et de cendres, de goudrons et de composés volatils, est-il expliqué dans l’avis.
« Cette combustion émet dans l’atmosphère un mélange complexe, variable dans le temps et l’espace, de particules et de gaz, comme par exemple des particules fines (PM 2,5), du monoxyde de carbone (CO), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), du benzène (C6H6) ou des oxydes d’azote (NOx) », est-il précisé.
La contribution du chauffage au bois à la pollution atmosphérique varie selon les territoires: elle est plus importante dans le sud et l’est du pays, dans les zones les plus froides de l’Hexagone et là où la dispersion des polluants est plus limitée, comme dans les vallées montagneuses.
« Elle est aussi plus importante dans les agglomérations avec une forte densité de population, comme en Île-de-France, notamment à Paris, où le chauffage au bois d’appoint et d’agrément occupe une place prépondérante dans la pollution de l’air extérieur », note l’Anses.
Les foyers ouverts et autres appareils à bûches anciens sont les plus émetteurs en polluants. L’utilisation d’un appareil en allure réduite ou un taux d’humidité trop élevé ou trop faible du bois contribuent également à l’augmentation des émissions de polluants.
La pollution issue du chauffage à bois peut avoir des effets sur la santé respiratoire, ORL et cardiovasculaire, favorisant certaines pathologies comme l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive, indique l’Anses.
En 2021, le ministère de la Transition écologique avait lancé un plan d’actions visant à réduire de 50% par an d’ici 2030 les émissions de PM 2,5 liées au chauffage au bois.
Pour réduire cette pollution et atteindre cet objectif, l’Anses recommande « de poursuivre et renforcer les actions de soutien au renouvellement du parc d’appareils » anciens, de renforcer les solutions de contrôle des installations et de et de renforcer la sensibilisation et l’information des usagers aux bonnes pratiques.
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