Une « préférence européenne » dans les commandes publiques, et des visas accélérés pour recruter des spécialistes non-Européens : l’entreprise française Mistral a avancé mardi de nouvelles propositions pour « faire de l’Europe un leader » dans l’intelligence artificielle (IA).
La start-up, spécialisée dans le développement de modèles d’IA, a publié un document contenant 22 mesures, afin que l’Union européenne reste dans la course technologique face aux États-Unis et à la Chine.
« D’ici cinq ans, nous aurons absolument besoin de fournisseurs de technologies européens. Sinon, le déséquilibre commercial que nous subirons sera considérable et nous deviendrons un État vassal (…) soit des États-Unis, soit de la Chine », a plaidé le patron de l’entreprise Arthur Mensch, venu à Bruxelles présenter ces propositions.
Mistral AI plaide notamment pour l’instauration d’une « préférence européenne » dans les services numériques, autrement dit une obligation de recourir à des fournisseurs européens dans les marchés publics concernant l’IA ou le cloud.
« Il est indispensable de développer la R&D (recherche et développement) en Europe. Pour ce faire, il faut investir dans la R&D européenne. C’est la seule façon de rattraper notre retard et de créer un écosystème durable », a défendu M. Mensch.
La Commission européenne doit présenter fin mai des mesures pour promouvoir la « souveraineté technologique ».
L’exécutif européen pourrait dans ce cadre proposer d’étendre au numérique la préférence européenne, qu’elle veut déjà mettre en place dans l’industrie pour soutenir la production « Made in Europe ».
Mais au risque d’un nouveau bras de fer avec les Etats-Unis, déjà très remontés contre la législation numérique européenne.
Mistral demande aussi l’instauration d’une « AI blue card » européenne, soit un titre de séjour simplifié dédié aux travailleurs du secteur, qui serait attribué en 15 jours maximum et valable 4 ans, dans tous les pays de l’UE.
Une carte bleue européenne existe déjà depuis 2009 pour faciliter le recrutement de travailleurs hautement qualifiés dans les secteurs sous tension, mais reste peu utilisée en dehors de l’Allemagne.
Mistral plaide aussi pour un dispositif d’avantage fiscal en faveur des entreprises qui utiliseraient des infrastructures d’IA européennes.
Et elle propose aussi la mise en place d’une base de données européenne, centralisant l’ensemble des oeuvres tombées dans le domaine public, afin de permettre aux entreprises d’IA d’entraîner leurs modèles.
Le groupe, qui a signé un accord avec l’Agence France-Presse (AFP) pour utiliser ses dépêches d’actualité afin de répondre aux requêtes de ses utilisateurs, est l’une des rares entreprises européennes lancées dans la course à l’IA face aux mastodontes américains et chinois.
Valorisée 11,7 milliards d’euros, elle a récemment annoncé avoir levé 830 millions de dollars de dette pour la construction d’un centre de données en France.
Interrogé en début d’année sur ses prévisions de chiffre d’affaires, Arthur Mensch avait indiqué que Mistral devrait dépasser le milliard d’euros de revenus en 2026.
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