L’une des espèces de chauves-souris les plus rares du monde pourrait être menacée si ExxonMobil poursuivait un projet gazier en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a averti lundi une ONG locale.
Le géant américain de l’énergie a conclu le mois dernier un accord visant à prendre le contrôle de Papua LNG, dont l’objectif est d’exploiter d’immenses gisements de gaz nichés dans les forêts de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Un gazoduc de 320 kilomètres sera construit pour acheminer le gaz extrait vers une usine de traitement située sur la côte, qui produira à terme 5,6 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an.
ExxonMobil a accepté de reprendre le rôle d’opérateur en septembre, prenant le relais de TotalEnergies, qui conserve une participation importante.
Alors qu’une décision finale du gouvernement est attendue en décembre, le Centre pour le droit de l’environnement et les droits communautaires (CELCOR) a écrit à ExxonMobil pour lui faire part de ses inquiétudes.
« L’empreinte du projet Papua LNG traversera des paysages forestiers denses, des écosystèmes fragiles, des zones inondables et des littoraux couverts de mangroves », a écrit l’ONG dans une lettre consultée par l’AFP.
« La zone d’influence du projet comprend 27 espèces terrestres déjà menacées d’extinction », peut-on également y lire.
L’une des espèces potentiellement menacées est la roussette de Bulmer, une chauve-souris frugivore, a précisé le centre.
Selon le dernier recensement, il restait moins de 200 roussettes de Bulmer adultes à l’état sauvage, d’après l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), référence mondiale en la matière.
Des dizaines d’autres espèces, rarement étudiées en dehors de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, seraient également menacées.
Le directeur exécutif du CELCOR, Peter Bosip, s’est dit inquiet de voir que de nombreuses communautés restent dans l’ignorance quant aux impacts potentiels du projet.
« Les propriétaires terriens ne sont pas particulièrement informés des impacts sociaux et environnementaux du projet, le gouvernement ne doit donc pas précipiter ce dossier », a-t-il dit à l’AFP.
Le consortium Papua LNG a déclaré par le passé qu’il intégrait « les considérations environnementales et sociales à chaque étape de son développement ».
L’AFP a contacté ExxonMobil et Papua LNG pour obtenir leurs commentaires.
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