Les journalistes de La Tribune ont annoncé mardi avoir voté « massivement » un préavis de grève reconductible contre un plan social qui menace selon eux à terme l’existence de leur rédaction, à la suite d’un rapprochement avec BFM Business décidé par leur propriétaire, la branche média de l’armateur CMA CGM.
Cette grève est prévue lundi 13 avril, d’après un communiqué du CSE (comité social et économique) et de la SDJ (société des journalistes) du titre économique, selon qui 92% des journalistes permanents et correspondants ont adopté ce préavis, lors d’un vote où la participation s’est élevée à 89%.
Ils dénoncent un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui prévoit, assurent-ils, que « les 56 journalistes de la rédaction (incluant CDI, correspondants et pigistes réguliers) seront licenciés » pour « 32 postes » recréés chez Next Interactive, la filiale numérique de RMC-BFM. La Tribune compte 37 journalistes permanents en CDI.
Ce PSE, présenté en mars, faisait suite à l’annonce du rapprochement des rédactions numériques de La Tribune et de la chaîne télé BFM Business pour créer un pôle d’information économique commun, quatre mois après le rejet par le personnel d’une première mouture du projet.
Contactée par l’AFP, la direction de CMA Media, branche média de l’armateur CMA CGM dirigé par le milliardaire Rodophe Saadé, a souligné que le projet a pour « objectif de renforcer durablement (le) modèle éditorial et économique (de La Tribune) et de lui donner les moyens de poursuivre son développement ».
Cela « repose sur une rédaction digitale unique BFM-La Tribune, permettant à chacune des marques de bénéficier des expertises de l’autre et de renforcer la qualité et la richesse des contenus, ainsi que leur exposition », ajoute CMA Media, pour qui la « priorité reste pleinement le dialogue social ».
« Mais comment +La Tribune+ pourrait-elle réussir à développer son audience et ses abonnements en étant amputée de la moitié de ses journalistes? », demandent le CSE et la SDJ dans leur communiqué. « A court ou moyen terme, une absorption totale par BFM Business de ce qu’il restera de La Tribune après le PSE, paraît inévitable », ajoutent-ils.
Le CSE et la SDJ demandent la création d’au moins cinq postes supplémentaires dans la future structure et de meilleures conditions de départ.
Les journalistes de La Tribune Dimanche, le supplément dominical généraliste du journal, ne sont pas concernés par la nouvelle organisation.
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !