La procureure de la République de Castres a requis mardi des peines de 3 à 5 mois de prison avec sursis contre cinq chefs d’entreprise et cadres favorables à l’autoroute A69 poursuivis pour une « action concertée » d’intimidation contre des opposants au chantier.
Responsables d’entreprises locales ou cadres dans des sociétés du Tarn, les cinq hommes, dont deux étaient par ailleurs à l’époque des faits conseillers municipaux, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Castres, notamment pour « dégradations », « divulgation d’informations personnelles » et « association de malfaiteurs en vue de commettre un délit ».
Le 25 juin 2025, plusieurs dizaines de panneaux écrits à la peinture rouge figurant des cibles, avec des slogans visant les « voyous » s’opposant à la future autoroute Toulouse-Castres et ceux susceptibles de les accueillir lors de mobilisations, avaient été retrouvés sur des ronds-points du Tarn.
Les domiciles d’opposants ou d’entreprises identifiées comme étant opposées au projet d’autoroute avaient également été visés par des dégradations et leur nom divulgué.
Pour Elodie Buguel, procureure de Castres, les cinq prévenus qui ont reconnu une participation à cette opération après l’avoir d’abord longuement niée en garde à vue, se sont ainsi engagés dans une « opération concertée », une « bascule inacceptable » visant à créer « un climat de crainte, de violence et de menaces ».
Pointant des faits rappelant « à certains égards des épisodes peu glorieux de notre histoire », la représentante du parquet a notamment relevé les messages d’un groupe Whatsapp créé par l’un des prévenus, Guy Bousquet, président de l’association pro-autoroute Via81, établissant bien, selon elle, l’existence d’un groupement constitutif d’association de malfaiteurs.
Douze personnes sont parties civiles dans ce dossier. Leur avocate, Me Claire Dujardin, a déploré que les prévenus n’aient fait preuve à la barre d' »aucun recul », d' »aucune prise de conscience de ce qui s’est passé ».
Pour la défense de M. Bousquet, Me Laurent Boguet a d’abord évoqué la violence de certaines manifestations contre l’A69, notamment celle de l’automne 2023 au cours de laquelle des manifestants « sont allés défoncer deux entreprises » impliquées sur le chantier.
Son client, comme les autres prévenus, « ce sont des gens qui bossent et qui ont peur » d’actions d’opposants « violentes et illégales », a plaidé l’avocat, pour qui, par ailleurs, la qualification retenue par le parquet d' »association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans » ne peut être établie, les autres délits reprochés étant punis de peines plus faibles.
Le tribunal rendra son jugement le 2 juin.
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