Protéger la vie privée des internautes « ne génère pas beaucoup de travail », selon l’étude d’une ONG de référence publiée jeudi, alors que la Commission européenne propose de restreindre ce droit afin de réduire la charge réglementaire freinant la compétitivité.
« Plus de 70% des répondantes déclarent que ce droit crée peu ou pas de travail », a déclaré l’association spécialisée dans la protection des données Noyb, basée à Vienne (Autriche), qui a interrogé en juillet dernier sur Internet des entreprises européennes.
Elle fonde son analyse sur 510 réponses, dont la majorité proviennent d’organisations de 500 employés ou plus.
« La plupart d’entre elles ne reçoivent presque jamais de demande d’accès et celles qui en reçoivent beaucoup, dans la Big Tech ou chez les courtiers en données, disposent de réponses automatisées », selon Noyb.
L’ONG trouve donc « surprenant que la proposition ‘Digital Omnibus’ de la Commission européenne, présentée en novembre, suggère une limitation de l’article 15 du RGPD, qui rendrait très difficile pour les Européens l’exercice de leur droit à la vie privée.
Le Règlement général sur la protection des donnés (RGPD) a consacré la protection de la vie privée des utilisateurs depuis 2018.
La Commission souhaite aussi réduire les bannières de cookies qui demandent aux utilisateurs leur consentement avant d’accéder à un site web et faciliter l’accès aux données personnelles pour développer l’intelligence artificielle (IA), devenue un enjeu de souveraineté numérique.
En décembre, le fondateur de Noyb, l’Autrichien Max Schrems, avait déclaré à des journalistes à Vienne « soupçonner que la pression des Etats-Unis » pour déréguler le crucial marché européen de la Tech « soit devenue si forte » depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, soutenu par les géants du secteur, « qu’on essaie désormais d’insérer des brèches quelque part dans les lois ».
Or selon lui, « dans une société d’information, la question est de savoir qui détient l’information et qu’est-ce qu’il veut faire avec ».
Selon un sondage de Noyb paru un août et effectué en Allemagne auprès de 1.000 utilisateurs de Meta, seuls 7% d’entre eux souhaitent que leurs données personnelles soient utilisées pour entraîner l’IA.
L’ONG Noyb (pour « None of your business », signifiant en anglais « Ce ne sont pas vos affaires »), s’est imposée comme l’une des principales organisations de défense du droit à la vie privée en ligne au sein de l’UE.
bg/rl
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