Le défi du rachat à trois de l’opérateur téléphonique SFR n’est pas de savoir « comment traiter d’éventuels départs de collaborateurs » mais de « garder les collaborateurs », a affirmé samedi le directeur général de Bouygues Olivier Roussat, sur France Inter, alors que les syndicats redoutent des pertes d’emplois.
Le responsable réagissait aux alertes lancées cette semaine par la CFDT, qui craint un risque de « casse sociale » dans le cadre du projet de reprise de SFR par un consortium réunissant les trois autres opérateurs français de téléphonie Bouygues, Free et Orange.
« On est en train de parler d’un process qui se termine dans cinq ans et dont le premier enjeu sera de savoir qu’on a la certitude d’avoir les collaborateurs on board pour s’assurer que l’opérateur SFR en tant que tel va vraiment continuer pendant pas mal d’années », a affirmé Olivier Roussat, invité de l’émission « On n’arrête pas l’éco ».
« Le paradoxe que nous avons n’est pas de savoir comment traiter d’éventuels départs de collaborateurs, c’est comment garder les collaborateurs », a-t-il poursuivi.
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a appelé cette semaine à démarrer une « négociation tripartite » entre l’Etat, les opérateurs et les organisations syndicales au sujet de l’emploi à SFR dans le cadre de cette reprise.
« Il est hors de question que cette opération soit synonyme de casse sociale. C’est aujourd’hui qu’il faut se mettre autour de la table pour anticiper les impacts sociaux. Il faut que l’Etat puisse insister pour que l’ensemble des opérateurs jouent le jeu », a-t-elle déclaré à franceinfo.
Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT à SFR, a aussi estimé sur la même antenne que « si rien n’est fait », ce sont « 8.000 personnes » qui vont probablement perdre leur emploi.
En octobre, les trois opérateurs avaient annoncé vouloir racheter « la plupart des actifs de l’opérateur SFR », pour un montant de 17 milliards d’euros.
« Si nous arrivions à obtenir un accord du vendeur et que l’on trouve un deal avec lui, on rentrera dans une période d’analyse des autorités de la concurrence qui durera à peu près 12-18 mois. Ensuite, on rentrera dans une phase dans laquelle on devra réaliser le découpage de l’opérateur SFR pour que chacun récupère le morceau qu’il souhaite acheter. Ca reprend à peu près 30 mois », a détaillé le dirigeant à propos du processus en cours.
Cette offre intervient dans le contexte de la restructuration de la dette de la maison-mère de SFR, Altice France, dont le milliardaire Patrick Drahi est actionnaire majoritaire.
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