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RDC: une ong alerte sur des « maladies graves » à proximité de mines de cobalt

Posté le par AFP

L’ONG EIA a alerté mardi sur l’émergence de « maladies graves » à proximité de sites miniers exploités en RDC par le plus grand producteur au monde de cobalt, minerai essentiel à la construction de voitures électriques.

La République démocratique du Congo (RDC) produit plus de 70 % du cobalt mondial, un métal essentiel à la fabrication des batteries utilisées dans l’électronique et les véhicules électriques.

Selon un rapport de l’Agence d’investigation environnementale (EIA), près de la moitié de ce cobalt est produit par le géant chinois CMOC, qui exploite deux des plus grandes mines de cuivre-cobalt au monde en RDC, celle de Tenke Fungurume et celle de Kisanfu, situées dans le sud-est du pays.

Afin de répondre à la demande internationale, « CMOC a construit l’un des plus grands complexes de traitement du cuivre et du cobalt en Afrique », à proximité de la mine de Fungurume, une ville minière située dans la province de Lualaba (sud-est), poursuit l’EIA.

Cette installation « gigantesque », capable de traiter « 30.000 tonnes de minerai » par jour, est appelée « usine 30k ».

En 2023 et 2024, les communautés environnantes « ont tiré la sonnette d’alarme au sujet de graves problèmes de santé, notamment des saignements de nez importants, des toux sanglantes » et des problèmes pendant la maternité, « qu’elles attribuent aux activités de la nouvelle usine de traitement de CMOC », assure l’EIA.

L’enquête menée pendant « plus de trois ans » par l’EIA « révèle une grave crise de santé publique » et une « pollution de l’air s’étendant sur plusieurs années et touchant des dizaines de familles et de travailleurs », affirme l’ONG.

« L’augmentation de la capacité de traitement de cuivre-cobalt de CMOC dans la mine de Tenke Fungurume, et en particulier le fonctionnement de l’usine 30k, semble être au coeur de la crise de santé publique », ajoute-t-elle.

Des mesures indépendantes ont en effet révélé des niveaux « largement supérieurs aux normes » de dioxyde de soufre (SO2), un gaz toxique produit lors du traitement du minerai de cuivre, dans les environs du site de CMOC, selon l’EIA.

Le gaz a « semblé avoir des effets particulièrement graves sur les enfants et les femmes enceintes », note l’EIA.

Une mère de famille, vivant à Manomapia et citée dans le rapport, impute aux gaz toxiques le décès de son enfant.

« Un soir, il a commencé à vomir du sang. Il a vomi plus de trois fois, puis il est mort », raconte cette mère, « le médecin nous a dit que les poumons du bébé étaient attaqués par des particules acides ».

Un militant écologiste congolais, qui s’est rendu dans le quartier Manomapia aux abords de l’usine 30k, a dit à l’EIA avoir eu « un goût amer dans la bouche et une sensation d’étouffement dans la poitrine ».

L’ONG indique que CMOC, par l’intermédiaire de sa filiale Tenke Fungurume Mining (TFM), « a nié les allégations de pollution environnementale, leur impact négatif sur la population et tout lien avec ses activités ».

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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