Le groupe Renault parie sur les voitures électriques petites et très bon marché en lançant en avril sa Twingo 100% électrique à moins de 20.000 euros, la moins chère de France et parmi les moins chères d’Europe.
La version électrique du modèle historique né en 1993 sera vendue en France au prix catalogue de 19.490 euros mais en réalité dès 16.000 euros une fois décompté le bonus de l’Etat de 3.500 euros, explique Grégoire Ginet, responsable produit chez Renault. Pour les ménages modestes, qui touchent un bonus plus élevé, le prix descend sous 14.000 euros.
Hors remises, elle se place juste en dessous de la Citroën e-C3 électrique de Stellantis. Elle concurrence aussi les modèles les moins chers des groupes chinois BYD, MG (groupe SAIC) et Leapmotor qui, fabriqués en Chine, ne sont pas éligibles au bonus français, réservé aux électriques « made in Europe ». Idem pour la Dacia Spring électrique, marque low-cost de Renault, moins chère mais elle aussi fabriquée en Chine.
Ailleurs dans l’UE, la Twingo e-Tech est l’une des rares voitures électriques à moins de 20.000 euros – le graal des constructeurs européens face à la déferlante des nouvelles marques chinoises, qui ont explosé en Europe ces derniers mois, à peine freinées par les taxes européennes.
La Twingo électrique marque le retour de Renault sur le segment des plus petites citadines, longtemps délaissé par les constructeurs européens faute de marge suffisante.
Pour le constructeur français, ce lancement illustre sa nouvelle rapidité « à la chinoise »: développée en Chine, la Twingo est sortie en deux ans, deux fois plus vite que d’habitude, ce qui a compressé son coût.
Elle est fabriquée dans l’usine historique des Twingo en Slovénie, à Novo Mesto, mais sa batterie est chinoise, fournie par le leader mondial CATL. « CATL va bientôt fabriquer en Hongrie, dans une usine avec une ligne dédiée à la batterie de la Twingo », se félicite le groupe français.
Renault voulait aller vite, car plusieurs groupes chinois vont bientôt fabriquer en Europe, leur donnant accès au bonus français et les rendant beaucoup plus compétitives: BYD va faire fabriquer en Hongrie et Leapmotor, en Espagne.
Le segment des électriques bon marché est jugé particulièrement prometteur dans un marché automobile européen au ralenti: les ventes globales n’ont augmenté que de 1,8% en 2025 mais les électriques ont bondi de 30% pour représenter 17,4% du marché. Et la tendance s’accélère : elles ont atteint en février 27% des ventes en France et 18,8% en Europe.
« Le prix ne sera plus un frein pour l’électrique: la Twingo e-Tech est vendue au même prix que la version essence d’hier. Et elle reprend les codes de la Twingo d’origine, un design coloré et une bouille de grenouille », fait valoir M. Ginet, le responsable de Renault, qui mise sur la « valeur émotionnelle » de la marque née il y a trente ans. La même démarche que pour la R5 électrique, devenue l’un des modèles les plus vendus d’Europe.
« Nous sommes très contents des commandes, ça part bien », assure le groupe.
Symbole d’un changement d’époque, le capot de la Twingo électrique est scellé : impossible de mettre les mains dans le moteur, sauf pour les garagistes.
leb/abb/eb
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !