Le projet de la startup française Tiamat de construire sa première usine de batteries sodium-ion près d’Amiens est « ajourné » en raison d’un financement trop complexe à boucler actuellement, a déclaré mercredi à l’AFP le PDG de l’entreprise.
Tiamat ambitionnait encore récemment de lancer sa première ligne de production en propre d’ici à fin 2028 dans la Somme. Cette première phase, représentant un investissement d’environ 200 millions d’euros, devait générer quelque 400 emplois directs, selon son PDG Hervé Beuffe.
« Le financement aujourd’hui d’un projet de ce type-là est relativement complexe », il était « très difficile à clôturer pour une jeune entreprise comme la nôtre », a justifié M. Beuffe.
Fondée en 2017 à Amiens, Tiamat se spécialise dans des batteries sodium-ion, dont les caractéristiques – faible autonomie mais recharge très rapide – les destinent à d’autres marchés que l’automobile: petit électroménager, outillage ou énergie d’appoint pour des centres de données.
Tiamat « a un avenir prometteur », assure M. Beuffe, soulignant notamment son partenariat depuis l’an dernier avec l’américain Endeavour pour absorber les pics de consommation de centres de données.
« On fabrique nos volumes en Asie » avec des sous-traitants, a-t-il rappelé. « Ce n’est pas de gaieté de coeur » et « ce n’est pas non plus l’option la plus sécurisante au long terme », mais aujourd’hui c’est « la seule solution » pour Tiamat, a-t-il plaidé.
Pour le financement de son projet d’usine dans la Somme, « la moitié du chemin » était faite avec les aides publiques, a souligné mercredi auprès de l’AFP Frédéric Fauvet, le maire (PS) d’Amiens.
Le report du projet « n’est pas une bonne nouvelle » pour le territoire, a convenu l’élu, soulignant que les difficultés de l’industrialisation des batteries pour véhicules électriques en Europe participent à la « frilosité » des investisseurs privés pour l’ensemble du secteur actuellement.
D’autres projets industriels sont sur la table dans l’agglomération amiénoise, notamment deux grands centres de données, l’un porté par le japonais SoftBank Group et l’autre par un acteur « souverain », prévu sur l’ancien site d’Ynsect, fabricant de protéines d’insectes aujourd’hui liquidé, a fait valoir M. Fauvet.
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