Le Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sánchez, a appelé lundi à réglementer d’urgence l’intelligence artificielle, mettant en garde contre son effet « dévastateur » si elle n’est pas régulée.
« Si l’intelligence artificielle reste concentrée entre les mains de quelques entreprises et d »une poignée de pays, son impact sur la prospérité partagée et, par conséquent, sur l’idée même de démocratie sera très négatif, pour ne pas dire dévastateur », a estimé M. Sánchez lors de la présentation, à Madrid, d’un plan consacré au déploiement de l’IA.
« Nous devons agir d’urgence, car une intelligence artificielle dérégulée, opaque, lancée à toute vitesse » et « entre très peu de mains, constitue le cocktail parfait pour qu’une catastrophe se produise », a-t-il insisté, rappelant que « l’autorégulation ne fonctionne pas ».
Le dirigeant socialiste a renouvelé ses critiques à l’égard des « techno-oligarques » et plaidé pour le développement d’une IA fondée sur une perspective humaniste, « orientée vers le bien-être et la prospérité collective, qui permette de construire des sociétés plus justes ».
À cette fin, il a présenté une feuille de route pour les douze prochains mois, qui prévoit notamment de réunir les partenaires sociaux afin de parvenir à « un nouveau contrat social pour l’intelligence artificielle ».
Cet accord, dont il n’a pas fourni de détails, devrait offrir « une sécurité aux personnes face aux changements que cette technologie va entraîner dans le travail et dans la vie quotidienne ».
« L’IA représente des opportunités, mais aussi des défis et des menaces, que nous devrons réglementer et contrôler », a-t-il souligné, appelant également à une coordination au niveau international afin de contrôler « une technologie qui ne reconnaît pas les frontières ».
Ce n’est pas la première fois que le Premier ministre espagnol, qui a eu des désaccords publics avec de grands magnats de la technologie comme le milliardaire américain Elon Musk, plaide en faveur d’une application réglementée des innovations et d’une plus grande responsabilité des plateformes.
Son gouvernement a annoncé au début de l’année une série de mesures visant à renforcer le contrôle des réseaux sociaux, parmi lesquelles figurait la volonté d’interdire l’accès à ces plateformes aux moins de 16 ans.
Peu après, Madrid a demandé au parquet d’enquêter sur X, Meta et TikTok concernant la création d’images pédopornographiques générées par l’IA, dans le cadre d’actions similaires également menées dans d’autres pays.
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