La justice belge a annoncé lundi enquêter sur des soupçons d’espionnage au profit de la Chine dans une entreprise belge de semi-conducteurs désormais en faillite, dont un des cadres supérieurs, un Belgo-chinois, a été placé en détention.
A l’été 2024, la firme BelGaN, employant environ 400 personnes, avait déposé le bilan, expliquant être à court de liquidités en raison de lourds investissements dans un micro-processeur d’avenir.
Elle était alors passée à la production de puces en nitrure de gallium, une technologie utilisée dans divers secteurs jugés porteurs (véhicules électriques, aéronautique et domaine militaire).
Le parquet fédéral belge, spécialisé notamment dans la criminalité organisée, soupçonne aujourd’hui un des cadres de l’entreprise d’avoir transféré de manière illicite en Chine des brevets et « secrets d’affaires » relatifs à la production de ces puces, explique-t-il dans un communiqué.
« Certains éléments indiquent que l’intéressé, qui occupait un poste de direction dans la recherche au sein de l’entreprise belge, travaillait parallèlement en tant que dirigeant d’une entreprise chinoise exerçant une activité de production similaire, créée quelques mois après son entrée en fonction et financée par un fonds d’investissement chinois », est-il souligné.
Le suspect âgé de 52 ans, de nationalités belge et chinoise, a été interpellé le 10 mai à l’aéroport international de Bruxelles-Zaventem, alors qu’il s’apprêtait à monter dans un avion pour Pékin. Il a été placé le lendemain en détention provisoire dans une prison belge.
L’entreprise BelGaN était basée à Audenarde, ville flamande située entre Bruxelles et Courtrai, et après la faillite, une enquête avait été ouverte par la police judiciaire fédérale de Flandre orientale.
L’enquête, dans laquelle un deuxième suspect est recherché, porte sur « des faits d’espionnage, de participation à une organisation criminelle, d’abus de biens sociaux et de divulgation illicite de secrets d’affaires », précise encore le parquet fédéral.
Siège de l’Otan et des institutions de l’UE, la Belgique est considérée comme un point très sensible en Europe pour les activités d’espionnage au profit de grandes puissances comme la Chine ou la Russie.
« Convoitant le titre de pionnière dans le domaine des technologies stratégiques, la Chine se tourne vers l’Occident, et notamment vers la Belgique, pour s’inspirer, voire copier », relevait en janvier le dernier rapport annuel de la Sûreté de l’Etat, le service de renseignement civil en Belgique.
Il citait plusieurs techniques mises en oeuvre parmi lesquelles le détachement de chercheurs chinois ou la création de « sociétés miroirs ».
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