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Telenor poursuivi par des clients birmans pour partage de données sensibles avec la junte

Posté le par AFP

Des clients birmans du groupe de télécoms norvégien Telenor poursuivent l’entreprise en Norvège pour avoir transmis leurs données personnelles à la junte militaire, entrainant l’arrestation et l’exécution d’opposants, ont-ils indiqué mercredi.

Les plaignants réclament des dommages et intérêts, arguant que l’armée a utilisé ces informations pour identifier, arrêter et poursuivre des militants pro-démocratie soupçonnés de s’être opposés au coup d’Etat de 2021 en Birmanie, ce qui constitue « de graves violations des droits humains », ont-ils déclaré dans un communiqué.

Celles-ci comprenaient des noms, des adresses, des comptes Facebook et bancaires, des données de localisation et des relevés d’appels, ont-ils précisé.

Selon les plaignants, ce partage de données a conduit à l’exécution en 2022 de Zewa Thaw, éminent opposant au gouvernement et député, ainsi qu’à l’arrestation et à l’incarcération d’un militant de la société civile Aung Thu.

Telenor, détenu à 54% par l’Etat norvégien, a rejeté toute responsabilité.

« En Birmanie, refuser les demandes des autorités militaires aurait pu, dans le pire des cas, entraîner l’emprisonnement, la torture ou la peine de mort », a réagi le groupe dans une déclaration transmise à l’AFP.

« Telenor Birmanie n’avait pas vraiment le choix. Nous ne pouvions pas jouer à la roulette russe avec la vie de nos employés ».

« Seules les autorités militaires de Birmanie sont responsables de la manière dont elles traitent leur population », a ajouté l’entreprise.

L’ONG suédoise Justice and Accountability Initiative (JAI) et un cabinet d’avocats norvégien ont engagé cette action de groupe devant le tribunal d’Asker og Baerum.

Si elle aboutit, l’affaire sera « la première à tenir une entreprise de télécommunications responsable de ne pas avoir suffisamment protégé les données des utilisateurs contre l’accès d’un régime autoritaire », a affirmé Beini Ye, avocate au sein de l’Open Society Justice Initiative, qui soutient la plainte.

Telenor s’est implanté en Birmanie en 2014 et cumulait plus de 18 millions de clients en 2021.

Après le coup d’Etat en février 2021, la junte a lancé une vague de répression contre les mouvements de résistance civile.

En juillet 2021, Telenor a annoncé son intention de vendre sa filiale birmane malgré les craintes des ONG que cette vente mette en péril les données des clients, selon les plaignants.

Le groupe a justifié son départ du pays en affirmant que la junte avait exigé l’installation d’équipements de surveillance sur le réseau.

Selon les plaignants, cette transaction a eu pour conséquence que toutes les données des clients, et la technologie de surveillance installée par Telenor soient transférées à une entreprise liée à l’armée.

Telenor a quitté la Birmanie en mars 2022.

po/nzg/ef/as

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