Les autorités du Somaliland, région sécessionniste et autoproclamée indépendante de la Somalie, détiennent depuis le 29 août sans inculpation un journaliste somalilandais, Abdiqani Hussein Abokor, dénonce mardi le Comité de protection des Journalistes (CPJ) en réclamant sa libération.
Selon le CPJ, l’homme a été arrêté deux jours après avoir publié l’interview en vidéo d’un poète local, Ismail Yusuf Abdo. Il y récite un poème dans lequel il accuse les autorités d’avoir saisi illégalement des terres lui appartenant et somme le président du Somaliland Abdirahman Mohamed Abdillahi d’intervenir. Le poète a été arrêté dès le lendemain.
Le Somaliland a fait sécession en 1991 quand la Somalie, privée d’Etat après la chute du dictateur Siad Barre, plongeait pour des décennies dans le chaos et la violence. Il dispose depuis de son propre gouvernement, d’une monnaie et d’un drapeau, ainsi que de son propre passeport, mais seul Israël l’a – tardivement – reconnu internationalement, fin 2025.
Abdiqani Hussein Abokor, également connu sous le nom de Baylood, « rejoint une longue liste de journalistes du Somaliland arrêtés et détenus dans des circonstances douteuses ces derniers mois », affirme dans un communiqué le coordinateur du programme Afrique du CPJ Muthoki Mumo.
« Dix jours après avoir placé ce journaliste en garde à vue, les autorités n’ont pas formellement présenté d’accusations devant un tribunal, elles doivent libérer Abdiqani sans délai », poursuit-il.
Abdiqani Hussein Abokor, qui publie des informations sur sa page Facebook, a brièvement comparu devant un tribunal d’Hargeisa, capitale du Somaliland, le jour de son arrestation dans les bureaux de police criminelle où il répondait à une convocation, selon son avocat Tawakal Ibrahim Mohamed, cité par le CPJ.
Le tribunal l’a placé en détention provisoire pour sept jours, mais le journaliste n’a pas comparu à nouveau samedi comme prévu, selon son avocat.
Celui-ci a confié au CPJ avoir été officieusement informé que la police tentait de faire inculper son client d’atteinte au prestige du président et de publication de propagande antiétatique, infractions passibles respectivement de trois et cinq ans d’emprisonnement.
Le CPJ dit avoir sollicité les autorités et la police et n’avoir reçu aucune réponse.
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