Des frappes saoudiennes au Yémen ont tué une personne jeudi et visé des tours de télécommunications, selon la chaîne Almasirah affiliée aux Houthis pro-iraniens, qui combattent le gouvernement yéménite soutenu par Ryad.
« L’aviation ennemie saoudienne a ciblé trois tours de télécommunications » dans la province de Taëz (sud-ouest), tandis qu' »un civil a été tué et un autre blessé » dans d’autres frappes plus au nord, dans la ville de Abs, a précisé la chaîne de télévision.
Les Houthis ont signalé des dizaines de frappes menées quotidiennement par Ryad en riposte à leur offensive éclair de la semaine dernière.
En seulement quelques jours, les combattants antigouvernementaux ont pris le contrôle du littoral yéménite qui borde la mer Rouge et renforcé ainsi leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez.
Les Houthis assurent qu’il n’existe aucune menace pour la navigation dans le couloir maritime, sauf pour les navires de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.
Mercredi, Ryad a accusé le mouvement pro-iranien d’avoir lancé une attaque « lâche » visant La Mecque, ville sainte de l’islam qui accueille chaque année des millions de pèlerins, sunnites comme chiites.
Les Houthis ont vivement démenti ces allégations, leur porte-parole affirmant qu’ils visaient des installations pétrolières et des bases militaires « qui sont éloignées des sites sacrés ».
Les combattants ont ainsi revendiqué une attaque mercredi contre une installation du géant saoudien Aramco à Yanbu, sur la mer Rouge, et une autre contre la base aérienne de Khamis Mushait. Ils ont aussi affirmé avoir abattu un avion de chasse saoudien.
Plusieurs pays arabes ont condamné l’attaque contre La Mecque, comme la Jordanie, l’Egypte, la Syrie et le Liban. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy, a parlé de « fait d’une extrême gravité », et l’Organisation de la coopération islamique (OCI) d' »attaques odieuses ».
Frappée sur son sol et menacée en mer, d’un côté par les Houthis en mer Rouge, de l’autre par l’Iran dans le Golfe, l’Arabie saoudite est sous pression, avec des conséquences majeures pour l’économie mondiale.
La trève fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les Houthis ont défié le contrôle de Ryad sur l’espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.
Le conflit qui ravage le pays le plus pauvre de la péninsule arabique a contraint plus de 100.000 personnes à fuir leur foyer, selon les Nations unies.
bur-aya/cd/anb
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