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RÉSUMÉ
Les nanophases métalliques sont présentes dans de très nombreuses applications, exploitées pour leurs propriétés ou en raison de la miniaturisation des produits. Dans cet article, il est question de comprendre la raison d’un changement de propriétés des nanophases métalliques par l’établissement d’une définition claire de ce type de phase. Les dimensions de microstructures qui deviendront nanostructures sont confrontées aux longueurs d’échelles de propriétés. L’approche est illustrée pour les propriétés mécaniques, optiques, magnétiques et chimiques.
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Yannick CHAMPION : Directeur de recherche CNRS - Laboratoire SIMaP, CNRS Grenoble, France
INTRODUCTION
Les nanophases métalliques sont présentes dans des applications aussi variées que l’électrotechnique, l’électronique, le numérique et l’information, la chimie et la santé. Leur utilisation est soit intentionnelle, afin d’exploiter les propriétés spécifiques de l’échelle nanométrique, soit subie, dans la tendance toujours plus forte à la miniaturisation des produits. L’objectif de cet article est de montrer et de comprendre pourquoi de nouvelles propriétés apparaissent quand un matériau devient ce que l’on appelle un nanomatériau. On se limite aux métaux et alliages métalliques à l’état solide, mais la démarche peut se généraliser à tous les types de phases. Il est d’ailleurs parfois fait référence, pour illustrer le propos, aux céramiques et aux polymères, et à l’état liquide. On pourrait penser qu’il s’agit seulement de changer la nature de la liaison chimique. Pourtant, cela a de fortes répercussions : le métal est par exemple ductile, la céramique fragile. L’intérêt de se restreindre aux métaux est que la plupart des propriétés sont abordables sous l’angle de la physique classique, par « opposition » à la physique quantique.
Sous-jacent à l’objectif principal, il s’agit ici pour le lecteur de bien comprendre ce que sont les nanophases et les nanomatériaux, d’en donner une définition claire, et donc de se munir d’une méthode pour identifier le passage de l’état de la matière standard à l’état nano. Avant d’aborder cet aspect, il peut être légitime de se demander s’il y a un quelconque intérêt à découvrir de nouveaux matériaux, dont font partie la plupart des nanomatériaux. L’article ne sera pertinent que s’il est convainquant sur ce point.
Il faut aussi noter qu’une autre façon d’aborder les nanophases – autre que la recherche de nouvelles propriétés –, c’est le fait de les subir. Nous savons tous que les technologies tendent vers toujours plus de miniaturisation. Les composants de nos ordinateurs, nos téléphones, mais aussi des moteurs d’essuie-glace de nos véhicules (!) sont de plus en plus de faibles dimensions. Le passage à la nanophase a parfois pour effet de produire de nouveaux comportements. Ashby a montré dans les années 1970 pourquoi un objet métallique ductile devient fragile à très petites dimensions. En 1949, Taylor a observé que du verre de vitre à très petite taille devient plastique ! Il semble important pour le métallurgiste, et plus largement le spécialiste en science des matériaux, d’être conscient des effets de dimension sur les propriétés de la matière. Enfin, il faut prendre conscience que des nanophases sont présentes dans notre quotidien. La pollution atmosphérique la plus critique pour la santé est formée de nanoparticules.
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3. Principes et méthodes d’élaboration
Des nanophases métalliques sont produites industriellement pour des applications spécifiques, parfois sans que l’industriel en soit pleinement conscient. Elles se sont révélées depuis le début des années 80, bien qu’il existe des exemples anciens :
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l’aluminium durci par précipitation d’intermétalliques (Al2Cu, Mg2Si, Al2CuLi) pour l’aéronautique [M 240] ;
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le nickel de Raney pour la catalyse, qui est une nanomousse obtenue par dissolution sélective de NiAl et qui date de 1927.
Des fondeurs produisent aujourd’hui en routine du cuivre avec des nanoprécipités de Cr pour des applications électriques. Certaines nanophases résultent du procédé de fabrication du produit, comme pour les fils étirés de AgCuPd, qui est une forme de déformation sévère, pour application électrique. Enfin, des fournisseurs de produits chimiques proposent dans leur catalogue des nanopoudres métalliques de qualité variable.
Des méthodes d’élaboration sont rappelées succinctement et de manière non exhaustive ci-dessous. On peut classer les méthodes en deux grandes familles, physique et chimique, et selon deux approches :
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ascendante (bottom-up) : produire une nanophase à partir de l’état atomique (vapeur, solution) pour produire une nanopoudre, un film mince ou, à partir d’une nanopoudre, produire une nanostructure ;
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descendante (top down) : fragmenter une microstructure massive classique afin de produire une nanophase massive ou dispersée.
On se restreint aux métaux mais certaines techniques ont été inventées et développées pour d’autres phases (oxydes, nitrure, silicium, etc.) avant d’être testées pour les métaux.
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Élaboration par voie chimique
Les méthodes chimiques ne sont pas bien adaptées aux métaux non nobles pour des raisons de pollution et d’oxydation : elles sont souvent...
Principes et méthodes d’élaboration
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BIBLIOGRAPHIE
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(1) - ASHBY (M.F.) - The deformation of plastically non-homogeneous materials. - Philosophical Magazine, 21, p. 399‑424 (1970).
-
(2) - TAYLOR (E.W.) - Plastic Deformation of Optical Glass. - Nature, 63, p. 323 (1949).
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(3) - CHAMPION (Y.), BRECHET (Y.) - Effect of Grain Size Reduction and Geometrical Confinement in Fine Grained Copper: Potential Applications as a Material for Reversible Electrical Contacts. - Advanced Engineering Materials, 12, p. 798‑802 (2010).
-
(4) - CHAMPION (Y.), LANGLOIS (C.), GUERIN-MAILLY (S.), LANGLOIS (P.), BONNENTIEN (J.L.), HYTCH (M.J.) - Near-perfect elastoplasticity in pure nanocrystalline copper. - Science, 300, p. 310‑311 (2003).
-
(5) - DUHAMEL (C.), BRECHET (Y.), CHAMPION (Y.) - Activation volume and deviation from Cottrell-Stokes law at small grain size. - International Journal of Plasticity, 26, p. 747‑757 (2010).
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DANS NOS BASES DOCUMENTAIRES
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Matériaux architecturés élaborés par fabrication additive.
NORMES
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Nanotechnologies – Vocabulaire – Partie 1 : Lexique - ISO 80004-1 - 2023
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Nanomatériaux – Quantification de la libération de nano-objets par les poudres par production d’aérosols - ISO/TS 12025 - 2021
ANNEXES
Le niveau élevé de toxicité avéré des nanophases (comme les risques révélés de l’amiante) a contribué à l’établissement de réglementations, en particulier au travail et dans l’utilisation commerciale de nanophases. Depuis 2012, la déclaration de substances à l’état nano est obligatoire. Voir sur le site du code du travail « Les risques liés aux nanomatériaux » https://code.travail.gouv.fr/fiche-ministere-travail/nanomateriaux?q= Risques%20rayonnements
HAUT DE PAGE
National Center for Biotechnology Information, US1628190A. RANAY (M.). – Method of producing finely-divided nickel (1927).
HAUT DE PAGE3.1 Laboratoires – Bureaux d’études – Écoles – Centres de recherche
Les travaux sur les nanophases ont été très nombreux des années 1980 à 2010....
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