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Propriétés mécaniques
Nanophases métalliques - Définitions, élaboration et propriétés
N3808 v1 Article de référence

Propriétés mécaniques
Nanophases métalliques - Définitions, élaboration et propriétés

Auteur(s) : Yannick CHAMPION

Date de publication : 10 juil. 2026

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Présentation

1 - Intérêts scientifiques et technologiques de nouvelles phases

2 - Définitions

3 - Principes et méthodes d’élaboration

4 - Propriétés mécaniques

5 - Propriétés optiques

6 - Propriétés magnétiques

7 - Propriétés chimiques

8 - Toxicité

  • 8.1 - Phase solide

  • 8.2 - Phase divisée

9 - Applications

10 - Conclusion

11 - Sigles, notations et symboles

Sommaire

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RÉSUMÉ

Les nanophases métalliques sont présentes dans de très nombreuses applications, exploitées pour leurs propriétés ou en raison de la miniaturisation des produits. Dans cet article, il est question de comprendre la raison d’un changement de propriétés des nanophases métalliques par l’établissement d’une définition claire de ce type de phase. Les dimensions de microstructures qui deviendront nanostructures sont confrontées aux longueurs d’échelles de propriétés. L’approche est illustrée pour les propriétés mécaniques, optiques, magnétiques et chimiques.

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Auteur(s)

  • Yannick CHAMPION : Directeur de recherche CNRS - Laboratoire SIMaP, CNRS Grenoble, France

INTRODUCTION

Les nanophases métalliques sont présentes dans des applications aussi variées que l’électrotechnique, l’électronique, le numérique et l’information, la chimie et la santé. Leur utilisation est soit intentionnelle, afin d’exploiter les propriétés spécifiques de l’échelle nanométrique, soit subie, dans la tendance toujours plus forte à la miniaturisation des produits. L’objectif de cet article est de montrer et de comprendre pourquoi de nouvelles propriétés apparaissent quand un matériau devient ce que l’on appelle un nanomatériau. On se limite aux métaux et alliages métalliques à l’état solide, mais la démarche peut se généraliser à tous les types de phases. Il est d’ailleurs parfois fait référence, pour illustrer le propos, aux céramiques et aux polymères, et à l’état liquide. On pourrait penser qu’il s’agit seulement de changer la nature de la liaison chimique. Pourtant, cela a de fortes répercussions : le métal est par exemple ductile, la céramique fragile. L’intérêt de se restreindre aux métaux est que la plupart des propriétés sont abordables sous l’angle de la physique classique, par « opposition » à la physique quantique.

Sous-jacent à l’objectif principal, il s’agit ici pour le lecteur de bien comprendre ce que sont les nanophases et les nanomatériaux, d’en donner une définition claire, et donc de se munir d’une méthode pour identifier le passage de l’état de la matière standard à l’état nano. Avant d’aborder cet aspect, il peut être légitime de se demander s’il y a un quelconque intérêt à découvrir de nouveaux matériaux, dont font partie la plupart des nanomatériaux. L’article ne sera pertinent que s’il est convainquant sur ce point.

Il faut aussi noter qu’une autre façon d’aborder les nanophases – autre que la recherche de nouvelles propriétés –, c’est le fait de les subir. Nous savons tous que les technologies tendent vers toujours plus de miniaturisation. Les composants de nos ordinateurs, nos téléphones, mais aussi des moteurs d’essuie-glace de nos véhicules (!) sont de plus en plus de faibles dimensions. Le passage à la nanophase a parfois pour effet de produire de nouveaux comportements. Ashby a montré dans les années 1970 pourquoi un objet métallique ductile devient fragile à très petites dimensions. En 1949, Taylor a observé que du verre de vitre à très petite taille devient plastique ! Il semble important pour le métallurgiste, et plus largement le spécialiste en science des matériaux, d’être conscient des effets de dimension sur les propriétés de la matière. Enfin, il faut prendre conscience que des nanophases sont présentes dans notre quotidien. La pollution atmosphérique la plus critique pour la santé est formée de nanoparticules.

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DOI (Digital Object Identifier)

https://doi.org/10.51257/a-v1-n3808

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4. Propriétés mécaniques

4.1 Plasticité

On cherche ici à identifier la raison du changement de comportement élastoplastique à température ambiante observé sur la figure 10 pour le cuivre. La plasticité dans les métaux et les alliages métalliques est liée aux propriétés des dislocations et à leurs interactions. Dans le métal standard, la déformation plastique produit l’augmentation de la densité de dislocation (nombre de dislocations par unité de volume, caractérisé par la longueur de dislocations par unité de volume). Il existe différents mécanismes de formation de dislocation, par exemple le mécanisme de source de Frank-Read. L’enchevêtrement des dislocations est à l’origine de l’augmentation de la contrainte (durcissement par écrouissage) et de l’absence de rupture par délocalisation permanente de la contrainte, jusqu’à la saturation et la fin de création de nouvelle dislocation. L’arrêt de la plasticité conduit à la localisation de la contrainte et à la rupture avec formation d’une striction sur l’éprouvette de traction.

La méthode consiste à identifier des longueurs d’échelles liées à la propriété. La figure 13a montre la longueur caractéristique, soit la distance entre deux lignes de dislocations, qui est aussi le libre parcours moyen de celles-ci. Lorsque la dislocation a parcouru le libre parcours moyen, la zone de « bon cristal », elle est ancrée par deux dislocations, situées dans un autre système de la structure cristalline (figure 13b). Pour poursuivre son déplacement, la portion de dislocation doit se courber, donc augmenter sa longueur, ce qui nécessite une augmentation de contrainte.

La raison est liée à l’augmentation d’énergie de la portion de ligne. L’énergie par unité de longueur de ligne est de l’ordre de E l αG b 2 avec ...

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Sommaire
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BIBLIOGRAPHIE

  • (1) - ASHBY (M.F.) -   The deformation of plastically non-homogeneous materials.  -  Philosophical Magazine, 21, p. 399‑424 (1970).

  • (2) - TAYLOR (E.W.) -   Plastic Deformation of Optical Glass.  -  Nature, 63, p. 323 (1949).

  • (3) - CHAMPION (Y.), BRECHET (Y.) -   Effect of Grain Size Reduction and Geometrical Confinement in Fine Grained Copper: Potential Applications as a Material for Reversible Electrical Contacts.  -  Advanced Engineering Materials, 12, p. 798‑802 (2010).

  • (4) - CHAMPION (Y.), LANGLOIS (C.), GUERIN-MAILLY (S.), LANGLOIS (P.), BONNENTIEN (J.L.), HYTCH (M.J.) -   Near-perfect elastoplasticity in pure nanocrystalline copper.  -  Science, 300, p. 310‑311 (2003).

  • (5) - DUHAMEL (C.), BRECHET (Y.), CHAMPION (Y.) -   Activation volume and deviation from Cottrell-Stokes law at small grain size.  -  International Journal of Plasticity, 26, p. 747‑757 (2010).

  • ...

NORMES

  • Nanotechnologies – Vocabulaire – Partie 1 : Lexique - ISO 80004-1 - 2023

  • Nanomatériaux – Quantification de la libération de nano-objets par les poudres par production d’aérosols - ISO/TS 12025 - 2021

1 Réglementation

Le niveau élevé de toxicité avéré des nanophases (comme les risques révélés de l’amiante) a contribué à l’établissement de réglementations, en particulier au travail et dans l’utilisation commerciale de nanophases. Depuis 2012, la déclaration de substances à l’état nano est obligatoire. Voir sur le site du code du travail « Les risques liés aux nanomatériaux » https://code.travail.gouv.fr/fiche-ministere-travail/nanomateriaux?q= Risques%20rayonnements

HAUT DE PAGE

2 Brevet

National Center for Biotechnology Information, US1628190A. RANAY (M.). – Method of producing finely-divided nickel (1927).

HAUT DE PAGE

3 Annuaire

HAUT DE PAGE

3.1 Laboratoires – Bureaux d’études – Écoles – Centres de recherche

Les travaux sur les nanophases ont été très nombreux des années 1980 à 2010....

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