Contactez-nous
Conclusion
Cheveu, mélanine et colorations capillaires
J2305 v1 Article de référence

Conclusion
Cheveu, mélanine et colorations capillaires

Auteur(s) : Florian LAUBÉ, Véronique NARDELLO-RATAJ

Relu et validé le 05 janv. 2025 | Read in English

Logo Techniques de l'Ingenieur Cet article est réservé aux abonnés
Pour explorer cet article plus en profondeur Consulter l'extrait gratuit

Déjà abonné ?

Présentation

1 - Le cheveu

2 - Mélanine ou couleur naturelle du cheveu

3 - Dégradation oxydante de la mélanine

4 - Cahier des charges des colorations capillaires

5 - Différents types de colorations capillaires et colorants associés

6 - Exemples de formules de colorations

7 - Tests de performance

8 - Conclusion

9 - Glossaire

Sommaire

Présentation

RÉSUMÉ

Que ce soit à la maison ou en salon de coiffure, de nombreuses personnes se colorent les cheveux. Une large gamme de produits, aux palettes de couleurs très variées et à l’utilisation aisée, est proposée aux consommateurs. Ils ont le choix entre des colorations capillaires permanentes, semi-permanentes ou temporaires. Le principal défi pour les formulateurs est de concilier beauté et respect du cheveu en développant des produits inoffensifs et moins agressifs. Cet article décrit, dans un premier temps, le cheveu et le constituant responsable de sa couleur, la mélanine, pour aborder ensuite les différents types de colorations capillaires ainsi que leur mode d’action.

Lire cet article issu d'une ressource documentaire complète, actualisée et validée par des comités scientifiques.

Lire l’article

Auteur(s)

  • Florian LAUBÉ : Ingénieur ENSCL - Docteur en Sciences

  • Véronique NARDELLO-RATAJ : Ingénieur ESCOM - Docteur en Sciences, HDR - Professeur des Universités, Université de Lille - Unité de Catalyse et Chimie du Solide UCCS UMR 8181 - Cité Scientifique, Villeneuve d'Ascq, France

INTRODUCTION

Longtemps, la coloration n'était destinée qu'à masquer les cheveux blancs des femmes. Sous l'effet des innovations cosmétiques, elle s'est répandue au point de devenir aujourd'hui une pratique courante, non seulement des femmes d’âge mûr mais aussi des plus jeunes, et plus récemment des hommes. Elle ne se contente plus de masquer les signes du vieillissement mais elle intègre aujourd'hui les notions de plaisir, de bien-être et de séduction. Les attentes actuelles des consommateurs qui privilégient le naturel ainsi que les réglementations de plus en plus strictes incitent les grandes sociétés de la cosmétique à innover en permanence dans ce domaine. En effet, si la découverte de nouvelles molécules colorantes reste un axe de recherche majeur, la mise au point de formulations inoffensives, non agressives, possédant d’autres fonctions secondaires (hydratation, protection, brillance, soin nutritif, durabilité) constitue un défi permanent.

Afin de mieux comprendre les formulations des colorations capillaires et leur mode de fonctionnement, une description de la structure, de la composition et des propriétés du cheveu et de la mélanine, molécule à l'origine de la couleur, est nécessaire. Le cahier des charges des colorations capillaires répondant aux exigences du consommateur et de la réglementation est détaillé. Selon la durée de tenue sur le cheveu, il existe différents types de colorations dont le principe de fonctionnement est développé. Les colorations dites permanentes et semi-permanentes étant les plus appréciées des consommateurs, quatre exemples de formulations types particulièrement innovantes sont présentées.

La coloration capillaire à travers l’histoire

Déjà au temps des anciennes dynasties d’Égypte et de Chine, des minéraux et des végétaux étaient utilisés pour colorer les cheveux. Les Grecs, les Hindous et les Romains utilisaient par exemple la noix ou le sureau mais aussi des substances animales. Durant plusieurs siècles, les colorations capillaires étaient à base de substances naturelles extraites de plantes ou à base de métaux, parfois très dangereux : par exemple, l'acétate de plomb, agent du saturnisme, très prisé par les romains, le nitrate d'argent, qui s'oxyde à l'air en oxyde d'argent noir (Ag2O), ainsi que les cyanures métalliques, plus solubles et particulièrement toxiques. Pour se teindre la barbe, les hommes utilisaient le henné, un arbuste dont les feuilles contiennent un colorant rouge-orange, le lawsone ou 2-hydroxy-1,4-naphtoquinone, encore appelé acide hennotannique. Cette molécule réagit chimiquement avec la kératine de la peau et des cheveux selon la réaction d'addition de Mickaël conduisant à une coloration permanente relativement intense. L'obtention d'une couleur brun-noir à partir de la nuance rouge produite par le henné était réalisée en appliquant une préparation d'indigo.

La mode de la coloration des cheveux connaît un nouvel essor au XIXe siècle grâce notamment à plusieurs découvertes. En 1818, Louis Jacques Thénard, découvre l'eau oxygénée qui sera utilisée à partir de 1860 dans les produits cosmétiques ; W.H. Perkin réussit en 1950 à isoler un colorant de synthèse ; et une dizaine d'années plus tard, A.W. Von Hofmann découvre la para-phénylènediamine, utilisée dans de nombreuses colorations capillaires. En 1907, Eugène Schueller met au point la première teinture liquide pour cheveux à base de composés organiques qu'il baptise « L'Auréale » avant de fonder en 1909 la « Société Française des Teintures Inoffensives » qui deviendra par la suite L'Oréal. Dans les années vingt, les teintures d'oxydation s'améliorent considérablement et le « blond platine » devient tendance. Après la seconde guerre mondiale, de nouveaux produits de colorations apparaissent, comme les crèmes, les gels ou les colorations non oxydantes tandis que les premières colorations permanentes sont commercialisées par Wella. Au cours des années soixante, les couleurs restent classiques (blond, brun, roux) tandis que dans les années soixante dix-quatre vingt, des colorations plus vives comme le bleu, le vert ou le rose apparaissent. Dans les années quatre-vingt-dix, ce sont les hommes qui se mettent à la coloration, principalement pour couvrir leurs cheveux blancs. Dès lors, la tendance est aux colorations d’origine naturelle (Igora-Botanic – Schwarzkopf, 1991) et se passe tour à tour de composés allergènes : une coloration 100 % naturelle sans p-phénylènediamine par RBE-Colors en 2009, sans ammoniaque par L’Oréal (INOA, 2010) ou à base de cataplasmes de henné notamment (Botanea – L’Oréal, 2018). Les colorations ont également de plus en plus une vocation de soin devant renforcer et protéger le cheveu (ColorExpert – Schwarzkopf, 2017).

 

Logo Techniques de l'Ingenieur

Cet article est réservé aux abonnés.
Il vous reste 92 % à découvrir.

Pour explorer cet article Consulter l'extrait gratuit

Déjà abonné ?


DOI (Digital Object Identifier)

https://doi.org/10.51257/a-v1-j2305

Lecture en cours
Présentation

Article inclus dans l'offre

"Cosmétique : de la conception au produit"

(57 articles)

Une base complète d’articles

Actualisée et enrichie d’articles validés par nos comités scientifiques.

Des contenus enrichis

Quiz, médias, tableaux, formules, vidéos, etc.

Des modules pratiques

Opérationnels et didactiques, pour garantir l'acquisition des compétences transverses.

Des avantages inclus

Un ensemble de services exclusifs en complément des ressources.

Voir l'offre

8. Conclusion

Dans le domaine de la coloration capillaire, comme dans beaucoup d’autres domaines de la formulation en général, les performances techniques du produit ne suffisent plus. En effet, les consommateurs sont désormais particulièrement attentifs à la composition des produits qu’ils utilisent. Outre les contraintes techniques et économiques, le formulateur doit aujourd’hui s’attacher à développer des formulations les plus respectueuses de l’Environnement et les plus inoffensives possibles. Les coloristes, quant à eux, cherchent à élargir la gamme de nuances disponibles, apportant brillance, reflets et profondeur aux teintures. La couleur d’une coloration est désormais définie par une multitude de colorants. Dans le cas des colorations permanentes, elle provient d’une association de bases, qui donnent le fond de la couleur, et de coupleurs, qui modifient les nuances pour leur apporter des reflets. La coloration des cheveux ne doit plus être perceptible ; elle doit avoir l’air « naturelle ». Les scientifiques s’attachent ainsi à imiter la nature et des approches biomimétiques sont développées pour redonner de la couleur aux cheveux blancs en reproduisant le processus biologique de production de la mélanine par les mélanocytes. Depuis les années 60, les chercheurs se sont intéressés au mécanisme de formation des pigments de la mélanine. Aujourd’hui encore, celui-ci n’est pas totalement élucidé. L’eumélanine est naturellement produite par polymérisation oxydative de la 5,6-dihydroxyindoline. Depuis, de nombreuses recherches ont tenté d’utiliser cette molécule comme colorant d’oxydation. Cependant, ce composé est extrêmement instable en solution aqueuse ainsi qu’en présence de l’oxygène atmosphérique, où il s’oxyde et polymérise rapidement pour donner un produit coloré insoluble qui ne se fixe pas au cheveu. Des dérivés du 5,6-dihydroxyindole ont donc été proposés en tant que pigment précurseur dans la coloration biomimétique des cheveux. L’eumélanine est alors formée in situ à partir de la 5,6-dihydroxyindoline ou de ses précurseurs générant ainsi des couleurs naturelles. De nombreux précurseurs d'eumélanine ont été incorporés dans les compositions mais les nuances des couleurs naturelles ne sont jamais totalement obtenues. Des études similaires ont été menées sur la phéomélanine mais les intermédiaires sont plus difficiles à synthétiser....

Logo Techniques de l'Ingenieur

Cet article est réservé aux abonnés.
Il vous reste 95 % à découvrir.

Pour explorer cet article Consulter l'extrait gratuit

Déjà abonné ?


Lecture en cours
Conclusion

Article inclus dans l'offre

"Cosmétique : de la conception au produit"

(57 articles)

Une base complète d’articles

Actualisée et enrichie d’articles validés par nos comités scientifiques.

Des contenus enrichis

Quiz, médias, tableaux, formules, vidéos, etc.

Des modules pratiques

Opérationnels et didactiques, pour garantir l'acquisition des compétences transverses.

Des avantages inclus

Un ensemble de services exclusifs en complément des ressources.

Voir l'offre

Sommaire
Sommaire

BIBLIOGRAPHIE

  • (1) - CHRISTOPH (R.), SCHMIDT (B.), STEINBERNER (U.), DILLA (W.), KARINEN (R.) -   Glycerol, Ullmann’s Encycl.  -  Ind. Chem. 67-82 (2012).

  • (2) - MOREL (O.J.X.), CHRISTIE (R.M.) -   Current trends in the chemistry of permanent hair dyeing.  -  Chem. Rev. 111, 2537-2561 (2011).

  • (3) - JOHNSON (D.H.) -   Hair and hair care.  -  New York (1997).

  • (4) - MARTINI (A.), RAVELLI (A.), ARAMINI (L.), RAMENGHI (B.) -   [Juvenile dermatomyositis].  -  Pediatr. Med. Chir. 12, 587-591 (1990).

  • (5) - ADJOCOM -   La kératine des cheveux.  -  http://adjocom.com/content/220-keratine-cheveu-composition-soin (2017).

  • (6) - WOLFRAM (L.J.) -   Human hair : A unique physicochemical composite.  -  J. Am. Acad. Dermatol. 48, 106-114 (2003).

  • ...
Logo Techniques de l'Ingenieur

Cet article est réservé aux abonnés.
Il vous reste 92 % à découvrir.

Pour explorer cet article Consulter l'extrait gratuit

Déjà abonné ?


Article inclus dans l'offre

"Cosmétique : de la conception au produit"

(57 articles)

Une base complète d’articles

Actualisée et enrichie d’articles validés par nos comités scientifiques.

Des contenus enrichis

Quiz, médias, tableaux, formules, vidéos, etc.

Des modules pratiques

Opérationnels et didactiques, pour garantir l'acquisition des compétences transverses.

Des avantages inclus

Un ensemble de services exclusifs en complément des ressources.

Voir l'offre

Sommaire

QUIZ ET TEST DE VALIDATION PRÉSENTS DANS CET ARTICLE

Entraînez vous autant que vous le voulez avec les quiz d'entraînement.


L'expertise technique et scientifique de référence

La plus importante ressource documentaire technique et scientifique en langue française, avec + de 1 200 auteurs et 100 conseillers scientifiques.
+ de 10 000 articles et 1 000 fiches pratiques opérationnelles, + de 800 articles nouveaux ou mis à jours chaque année.
De la conception au prototypage, jusqu'à l'industrialisation, la référence pour sécuriser le développement de vos projets industriels.

Article inclus dans l'offre

"Cosmétique : de la conception au produit"

(57 articles)

Une base complète d’articles

Actualisée et enrichie d’articles validés par nos comités scientifiques.

Des contenus enrichis

Quiz, médias, tableaux, formules, vidéos, etc.

Des modules pratiques

Opérationnels et didactiques, pour garantir l'acquisition des compétences transverses.

Des avantages inclus

Un ensemble de services exclusifs en complément des ressources.

Voir l'offre

Ressources documentaires

Émulsions de Pickering en formulation cosmétique

Les émulsions de Pickering sont des émulsions stabilisées par des particules solides inorganiques ou ...

Dioxyde de titane - Propriétés et applications

Le dioxyde de titane TiO 2 dans ses formes cristallines anatase et rutile est utilisé dans l'industrie ...

Tensioactifs non ioniques - Mise en œuvre industrielle

Au cours des deux dernières générations, les tensioactifs non ioniques ont atteint une position de ...

Shampooings - Composition et caractéristiques de la base lavante

Cet article traite des ingrédients de base retrouvés dans les shampooings. Les shampooings, généralement ...