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Chronique


Nio, le BetterPlace chinois, va-t-il révolutionner le marché de la voiture électrique ?

Posté le par Pierre Thouverez dans Innovations sectorielles

Ce groupe automobile émergent, qui bénéficie de solides soutiens financiers, va installer 3000 stations d’échange de batteries dans les villes chinoises et commercialiser un véhicule comparable au Tesla model X mais vendu deux fois moins cher.

La solution proposée par l’israélo-américain BetterPlace en partenariat avec le français Renault était techniquement séduisante. Mais le seul modèle équipé du système d’échange de batterie (« quick drop »), la Renault Fluence, dont l’autonomie était d’environ 150 kilomètres, n’a séduit ni les automobilistes israéliens, ni les danois. Par conséquent BetterPlace, qui avait séduit notamment le ministre Jean-Louis Borloo ou encore les experts de la Deutsche Bank, a fait faillite.

Le group chinois Nio a déposé 300 brevets à propos d’un système d’échange de batterie similaire, et va commercialiser un véhicule comparable à la Model X de Tesla, avec notamment un grand écran au cœur du tableau de bord. Mais à un prix deux fois inférieur : 67.720 dollars contre 126.370 dollars. Le SUV ES8 est ainsi très attractif.

L’autonomie NDEC annoncée est de 355 kilomètres (batterie de 70 kWh), contre 417 kilomètres pour la Model X (batterie de 75 kWh). Le passage du 0 aux 100 km/h se fait en 4,4 secondes. Contre 5,2 secondes pour la Model X.

Nio va mettre en place un réseau de 3000 stations d’échange de batteries dans les villes chinoises et annonce un temps d’échange de trois minutes. Tesla a opté pour la solution des superchargeurs, ce qui prend plus de temps pour faire un plein d’électrons.

Groupe fondé en 2014 par William Li à Shangaï et qui compte à présent plus de 2000 employés, Nio est parvenu à obtenir fin 2017 un milliard de dollars auprès du géant Tencent et est valorisée à environ 5 milliards de dollars. Tencent, une entreprise spécialisée dans les services internet et mobiles ainsi que la publicité en ligne, du haut de ses 520 milliards de dollars, est la seconde valorisation boursière du continent asiatique.

777.000 voitures électriques (dont 652.000 fonctionnement uniquement avec des batteries, le reste étant des hybrides) ont été vendues en Chine durant l’année 2017 (contre 200.000 aux USA), et plus d’un million pourraient l’être en 2018.

Le trou de la pyramide

Tesla a de son côté annoncé vouloir commercialiser son nouveau camion électrique… en 2019. Une nouvelle bulle ? « Plusieurs experts ne cachent pas leur scepticisme, rappelant d’une part que comme dans d’autres secteurs, des commandes de cette nature peuvent être annulées et d’autre part, que l’outil industriel du Semi n’existe pas encore et que l’entrée en production n’est pas programmée avant fin 2019… Cela ne vous rappelle rien ? » interroge L’Argus.fr.

En attendant le groupe californien peine à produire en masse son Model 3 vendu 35000 dollars (sans les options). Selon Les Echos (2 janvier 2018) le rêve muskien pourrait ne pas se réaliser. « Chez Tesla les ennuis volent en escadrille ». Le quotidien économique prophétise même un avenir baudelairien pour Tesla déterrant un poème spleenétique du poète français où ce dernier compare son cerveau aux chambres mortuaires d’une pyramide, à un « caveau qui contient plus de morts que la fosse commune », à un « cimetière abhorré de la Lune ».

Le PDG de Tesla a souvent présenté la gigafactory en construction dans le Nevada comme étant plus grande que l’usine géante de Boeing à Seattle. Et SolarCity (une entreprise en difficulté financière rachetée par Tesla) a utilisé aux USA des personnages de l’Egypte antique, comme par exemple le dieu Râ, lors de ses campagnes publicitaires.

Selon un article publié dans la revue Nature, un trou géant, de la taille d’un avion de ligne, aurait été découvert au cœur de la pyramide de Kheops.  Une information qui relèverait du fake selon des archéologues égyptiens.

Cette affaire de bulle pyramidale est non sans rappeler celle qui a suivi la publication de l’article sur l’hydrogène métallique dans le magazine Science, qui lui aussi avait suscité de vives réactions des experts.

Hydrogène versus batterie, le lobby Oil&Gas et celui des voitures à batteries (appuyé par l’industrie minière) se livrent manifestement un combat sans pitié. L’Asie s’est positionnée en leader, et même en situation de monopole sur le marché stratégique des métaux rares qui sont essentiels à la révolution des « CleanTechs ». L’Union européenne a de bonnes raisons de s’inquièter à ce sujet.

La pyramide est un symbole de puissance pharaonique que l’on trouve sur les billets de banque américains. La Chine, premier détenteur de la dette américaine (1146 milliards de dollars de bons du Trésor américain), n’a pas tout à fait dit son dernier mot.

Jean-Gabriel Marie

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Posté le par Pierre Thouverez

Les derniers commentaires

  • Pour info, je tente de développer un projet de voiture hybride autonome dont la 2ème batterie dite rechargeable est largable. Le système de largable est très simple et entièrement intégré au véhicule. Le positionnement utilise en fait le park assist du véhicule. J’ai un brevet US mais souffre d’un manque d’écoute. Si intéressé par plus d’informations, me contacter.


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