Le constructeur aéronautique Boeing a confirmé vendredi que la Chine, où le président Donald Trump vient de passer deux jours, s’était engagée à lui acheter 200 avions commerciaux, une première tranche qui pourrait être suivie de commandes supplémentaires jusqu’à 750 appareils.
« Nous avons eu un déplacement en Chine rempli de succès et nous avons accompli notre important objectif de rouvrir le marché chinois aux commandes pour les avions de Boeing », a indiqué le groupe, dont le patron Kelly Ortberg faisait partie de la délégation présidentielle, dans un communiqué.
« Cela comprend un engagement initial pour 200 appareils et nous nous attendons à ce que des engagements supplémentaires suivent cette tranche initiale », a-t-il ajouté, sans préciser les modèles convoités.
Sollicité par l’AFP sur ce dernier point, Boeing n’a pas souhaité commenter.
Le groupe a fait part, dans son bref communiqué, de sa « reconnaissance » envers l’administration américaine pour avoir permis « le franchissement de cette étape majeure ».
« Nous avons désormais hâte de continuer à répondre à la demande chinoise en avions », a poursuivi le groupe.
Dans ses dernières prévisions à vingt ans pour l’aviation commerciale mondiale, publiées en juin 2025, Boeing estimait que 44.000 avions devraient être fabriqués dans le monde d’ici 2044 pour remplacer les existants (21.100) et répondre à la croissance de la demande (22.500).
Cette demande croissante devrait émaner à 50% de Chine et d’Asie du Sud et Sud-Est. Une manne pour le constructeur américain qui n’a, pour l’instant, qu’un grand concurrent, l’Européen Airbus.
La dernière commande des autorités chinoises à Boeing remonte à 2017, lorsque Donald Trump s’était rendu à Pékin pendant son premier mandant à la Maison Blanche. Elle portait sur 300 avions (monocouloirs et bicouloirs), pour une valeur estimée à 37 milliards de dollars.
– 200 « gros » avions –
M. Trump avait annoncé jeudi que la Chine avait accepté d’acheter environ 200 « gros » avions à Boeing.
A bord d’Air Force One, l’avion présidentiel américain, il a ajouté vendredi que l’accord comprenait aussi « une promesse de 750 avions » supplémentaires.
Des médias américains évoquaient depuis plusieurs mois une commande potentielle record de Pékin portant sur environ 500 avions monocouloirs 737 MAX et une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777).
Le record en volume est actuellement détenu par la compagnie IndiGo, avec 500 Airbus A320 commandés.
La Chine a été le dernier pays à autoriser de nouveau les vols du 737 MAX, après les accidents de 737 MAX 8 de Lion Air en octobre 2018 et d’Ethiopian Airlines en mars 2019, qui ont fait 346 morts au total.
La famille des 737 MAX, la plus vendue de Boeing, a été clouée au sol pendant vingt mois après ces accidents. Elle a pu reprendre les airs aux Etats-Unis en novembre 2020, en Europe en janvier 2021 mais uniquement en janvier 2023 en Chine.
Pékin avait également suspendu, en 2019, toutes les livraisons d’avions Boeing. Il a fallu attendre décembre 2023 pour que les autorités chinoises donnent leur feu vert aux livraisons du 787 Dreamliner et fin janvier 2024 pour le 737 MAX.
Elles ont de nouveau été suspendues quelques semaines mi-2024, à la demande du régulateur chinois de l’aviation, le temps d’une homologation supplémentaire liée à une batterie au lithium dans les 737, 787 et 777X (gros porteur toujours en attente de certification aux Etats-Unis).
Le constructeur, plus gros exportateur américain, a également été pris dans la tempête commerciale après l’instauration par Donald Trump de lourds droits de douane sur les importations de produits chinois.
En représailles, Pékin avait notamment interdit aux compagnies aériennes chinoises de commander auprès de Boeing et de prendre livraison des avions prêts à l’être.
Les deux pays avaient fini par conclure une trêve, permettant la reprise des activités du constructeur avec ses clients chinois.
A fin avril, le carnet de commandes de Boeing contenait 6.814 avions commandés – dont 4.371 exemplaires du 737 MAX -, pour une valeur estimée à plus de 600 milliards de dollars.
elm/tu/vla
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !