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La production pétrolière américaine atteint des sommets

Posté le par Pierre Thouverez dans Énergie

Dans son dernier rapport mensuel, l’Agence internationale de l’Energie évalue la production pétrolière américaine à 9,9 millions de barils jour (Mbj), soit la plus élevée des 50 dernières années. Et il y a fort à parier qu’avec l’élection de Donald Trump, les Etats-Unis confirment leur rang de premier producteur mondial d’hydrocarbures pour plusieurs années encore. De quoi inquiéter les pétro-monarchies et la Russie.

Oil First

La révolution des huiles et gaz de schiste a donné aux Etats-Unis une plus grande influence sur le marché pétrolier mondial. Selon l’AIE, la production pétrolière du pays devrait franchir la barre des 10 Mbj cette année, « dépassant l’Arabie Saoudite et rivalisant avec la Russie ». Une croissance continue depuis plusieurs année et favorisée par la politique de Donald Trump, qui s’est empressé de supprimer le Clean Power Act et les différentes réglementations concernant les industries extractives votées sous l’administration Obama. Prenant le contre-pied complet de son prédécesseur, le nouveau locataire de la Maison Blanche compte ouvrir plus de 90 % de l’offshore fédéral à l’exploration pétrolière et gazière, notamment en Alaska et dans le Golfe du Mexique, où a eu lieu l’explosion de la plateforme Deepwater en 2010. Si les associations écologistes craignent le pire, les compagnies pétrolières se frottent les mains devant la perspective d’exploiter ces nouveaux gisements.

Géopolitique pétrolière

La production tous azimuts des Etats-Unis ne participe pas à stabiliser le marché pétrolier mondial, encore impacté par la chute brutale des prix du brut en 2014. Ces derniers mois, les cours ont remonté à 70 $ notamment en raison de l’accord OPEP/Russie signé en décembre 2016 pour réduire la production du cartel. Un accord qui prévoyait de réduire de 1,2 Mbj la production des membres signataires, est respecté à 95% selon l’organisation pétrolière. Las ! La croissance de la production américaine contrebalance presque entièrement ces efforts. De plus, les cours actuels sont suffisants pour doper la production de l’Oncle Sam et rentabiliser les projets de liquéfaction des gaz de schiste produits en abondance outre-Atlantique. Une première livraison de gaz naturel liquéfié (GNL) est ainsi arrivée en Pologne en juin 2017, comme un pied de nez à la Russie, principal voire unique fournisseur de la plupart de pays de l’Europe de l’Est. Une situation qui pourrait changer à l’avenir…

Romain Chicheportiche

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