Pour la première fois en Europe, un traitement biocide a été mis en oeuvre par dispersion vendredi à Toulon contre la fourmi électrique, une espèce exotique envahissante particulièrement dangereuse pour la biodiversité, que la France espère éradiquer.
En présence de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, le produit « Campaign », un biocide réglementé, a été projeté sous forme de granules sur une parcelle de 100m2 environ dans le parc d’une résidence surplombant la Méditerranée.
Jusqu’à présent, l’emploi de ce produit était plus circonscrit : les granulés étaient enfermés dans des boîtiers déposés sur le terrain concerné, « mais la probabilité que les fourmis les rencontrent était faibles », selon Olivier Blight, spécialiste des fourmis à l’université d’Avignon.
La copropriété ciblée vendredi à Toulon a été la première où la fourmi originaire d’Amérique du Sud a été observée sur le territoire hexagonal, en 2022. Ce minuscule insecte, Wasmannia auropunctata, qui mesure 1mm seulement, est classé parmi les 100 pires espèces invasives au monde, selon l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).
Sa piqûre très douloureuse pour l’homme peut aussi provoquer la cécité chez les animaux domestiques. Surtout, la fourmi électrique est ravageuse pour la biodiversité: elle fait disparaître les fourmis locales et favorise cochenilles et pucerons qui fragilisent la végétation.
Deux autres foyers ont été recensés dans le Var près de Toulon: à La Croix-Valmer en 2024, et plus récemment à Cavalaire-sur-mer, au printemps 2026, sur une surface totale estimée à moins de 10 hectares.
« On a une chance de pouvoir viser l’éradication », a expliqué le spécialiste Olivier Blight à la ministre. « Oui c’est pour ça que j’ai signé la dérogation », a répondu Mme Barbut ajoutant « On a appris la leçon du frelon asiatique », qui a aujourd’hui proliféré sur tout le territoire.
L’Australie pratique ce traitement par saupoudrage depuis des années.
Les experts s’inquiètent aussi des moyens d’importation de ces fourmis, qui arrivent d’autres pays par les plantes d’ornement, et ont souligné un manque d’action du côté de la filière horticole.
La ministre s’est engagée à réunir un comité interministériel sur le sujet, « notamment avec le ministère des Finances qui gère les douanes ».
Les autorités du Var ont également lancé vendredi une application, Vigi-sud, pour permettre à tous de signaler la présence de la fourmi.
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