La population d’ours bruns dans les Pyrénées progresse mais la diversité génétique s’appauvrit, alerte jeudi une étude scientifique qui préconise de nouveaux lâchers de plantigrades dans le massif pour éviter une consanguinité trop importante.
Le rapport du laboratoire LDgenX de Montpellier « met en évidence une population d’ours en croissance démographique, mais toujours menacée sur le plan génétique ».
« Les mesures fondées sur la seule protection des individus ne suffisent pas lorsque la diversité génétique est déjà réduite », souligne l’étude qui conseille « l’introduction de 30 individus sur une période de 10 ans », notamment des femelles.
L’étude a été commandée par l’association Pays de l’ours-Adet, engagée depuis 30 ans dans la préservation de la population d’ours, toujours menacée, qui est passée dans le massif pyrénéen de cinq spécimens en 1995 à plus d’une centaine aujourd’hui.
Pour le patron de Pays de l’ours-Adet, Alain Reynes, « il est urgent d’agir. Si on attend trop, la consanguinité sera hors de contrôle. Plus on attend, plus il faudra lâcher d’ours pour la corriger ».
Les conséquences d’une trop forte consanguinité sont déjà « perceptibles et quantifiées », souligne Alain Reynes, mentionnant la baisse du nombre d’oursons par portée mais aussi la diminution de la fertilité et des chances de survie des oursons.
Le programme de réintroduction d’ours dans les Pyrénées est contesté par les éleveurs de brebis, notamment dans les Pyrénées centrales, où se concentrent les attaques de troupeaux.
Alors que le nombre d’ours ne cesse de croître, le nombre de prédations s’est stabilisé ces dernières années.
L’Office français de la biodiversité doit diffuser jeudi son rapport annuel sur l’évolution de l’ours dans les Pyrénées.
Pressé par les associations pro-ours de remplacer plusieurs plantigrades tués par l’homme, le ministère de l’Environnement s’est jusqu’ici refusé à ordonner de nouveaux lâchers. Le dernier remonte à 2018.
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