L’affaire d’une cryptomonnaie que le président Javier Milei avait promue sur X en 2025 revient hanter l’exécutif argentin, après de nouvelles révélations de presse accusatrices pour le chef de l’Etat, selon des députés qui entendent réactiver une enquête parlementaire.
En février 2025, Javier Milei avait relayé sur X un projet de cryptomonnaie, la $LIBRA, avant de se rétracter quelques heures plus tard. Entretemps la monnaie avait bondi puis s’était effondrée.
Selon les travaux d’une commission d’enquête parlementaire, plus de 114.000 portefeuilles virtuels avaient subi des pertes dans l’opération, 500 d’entre eux pour plus de 100.000 dollars, tandis qu’à l’inverse 36 ont gagné plus d’un million chacun.
Cette commission – présidée par l’opposition – a conclu dans son rapport en novembre à une « escroquerie présumée ». Mais son pouvoir étant limité, elle avait demandé au Parlement d’évaluer si M. Milei avait commis « un manquement ».
Le président Milei s’est toujours défendu d’avoir « promu » la cryptomonnaie, plaidant qu’en tant que « techno-optimiste » il avait voulu donner de la visibilité à un projet susceptible de financer des PME argentines de la tech. Il s’était ensuite rétracté, réalisant n’être « pas au courant des détails ».
Mais ce week-end, le quotidien La Nacion a publié des extraits de messages présumés entre un entrepreneur crypto lobbyiste connu de M. Milei, et un promoteur américain de la $LIBRA.
Selon la presse, une expertise du téléphone de ce lobbyiste, Mauricio Novelli, indiquerait que certains des échanges porteraient sur un « accord » présumé pour un soutien de M. Milei au projet de $LIBRA, moyennant une somme de 5 millions de dollars.
Enfin, l’expertise aurait révélé des échanges téléphoniques entre Mauricio Novelli, Javier Milei et sa soeur Karina, secrétaire générale de la présidence, dans les heures précédant le lancement de la $LIBRA.
Ces échanges n’ont pour l’heure pas été confirmés de source judiciaire.
« Mafia médiatique », a laconiquement commenté sur X Javier Milei.
Mais pour le président de l’ex-commission parlementaire Maximiliano Ferraro, les dernières révélations attestent « une trame de coordination directe entre les opérateurs du monde crypto, des opérateurs très marginaux, et le cercle proche du président ». « Rien d’improvisé ni d’accidentel » de sa part, estime-t-il.
La commission avait remis en novembre ses conclusions à la justice pour alimenter l’enquête pénale en cours sur l’affaire.
Mais lundi, le député Ferraro a indiqué à la presse vouloir déposer plainte contre le procureur enquêteur pour « obstruction » et « possible dissimulation ».
Il a aussi annoncé que la commission, désormais éteinte, relancerait un « comité ad hoc » pour enquêter sur les nouvelles révélations, et demanderait que le président et sa soeur soient entendus par le Parlement.
Un scénario toutefois hypothétique: les députés n’avaient pu obtenir ces auditions en 2025, et le Parlement est désormais davantage favorable au président depuis les élections de mi-mandat d’octobre.
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