La canicule provoque un bond de « 30% à 40% » du nombre d’appels aux Samu-SAS, mais plutôt de « 10 à 20% » des passages aux urgences qui pour l’instant « tiennent », a indiqué lundi un représentant des urgentistes, craignant une aggravation dans les prochains jours.
Ce week-end et ce lundi, « on reçoit un très grand nombre d’appels » au 15, une hausse de « 30 à 40% de l’activité habituelle au niveau national », mais l’organisation des Samu-SAS – qui associe urgentistes et médecine de ville – permet à ce stade de les gérer et de « protéger les services d’urgences », a indiqué à l’AFP le Pr Louis Soulat, chef des urgences de Rennes et membre du conseil d’administration du syndicat Samu-Urgences de France (SUDF).
Pour la fête de la musique dimanche, le Samu de Rennes avait installé deux « postes médicaux avancés » au milieu des festivités, qui ont pris en charge plus de 150 personnes, notamment des malaises liés à « l’association chaleur-alcool », et permis « d’éviter d’encombrer les urgences », a-t-il raconté.
A ce stade, les services d’urgence n’enregistrent « pas d’augmentation significative des passages des plus de 75 ans », mais les urgentistes s’inquiètent de la durée de cette canicule: « au début l’organisme encaisse », mais probablement dès mardi ou mercredi, « il y aura plus de décompensations psychiatriques, de problèmes de diabète, d’insuffisance cardiaque, d’insuffisants rénaux… », a alerté Louis Soulat, craignant aussi la hausse des noyades.
La Bretagne en alerte rouge canicule, « c’est exceptionnel », la population n’est pas habituée. Toutefois, les personnes âgées sont moins isolées qu’en période de vacances d’été, car « les voisins et l’entourage sont présents et nous permettent d’avoir des alertes précoces », a-t-il dit.
Depuis ce lundi, SUDF comptabilisera chaque matin les patients restés sur des brancards toute la nuit, dans l’attente d’un lit d’hospitalisation.
Dans le Val-d’Oise, le Samu-SAS enregistrait ce week-end un bond de 25% des appels, avait indiqué à l’AFP dimanche l’urgentiste Agnès Ricard-Hibon, porte-parole de SUDF.
Les urgences ne sont pour l’instant pas submergées mais les décompensations de maladies chroniques vont « s’accélérer dès le début de semaine », a-t-elle également prévenu.
Cela « peut toucher tout le monde »: « des personnes de 50 ans, des femmes enceintes, les enfants, des personnes épileptiques, etc ». Ces personnes arrivent avec « une détresse respiratoire, neurologique, de l’inconscience, des convulsions », a-t-elle décrit.
Une partie des appels concernent aussi « de jeunes sportifs qui, après un coup de chaleur d’exercice, se retrouvent en détresse vitale, en réanimation, voire en arrêt cardiaque », a-t-elle déploré, appelant à éviter l’exercice physique.
Interrogée lundi en milieu de journée sur Ici (Radio France), la ministre de la Santé Stéphanie Rist a indiqué que les appels au Samu étaient en hausse « de 20 à 30% selon les régions », en rappelant que tous ces appels ne débouchaient pas forcément sur une hospitalisation, mais aussi sur de simples conseils ou bien sur l’envoi de SOS Médecins.
« Appelez le 15 si vous ne vous sentez pas bien (…) Ne vous dites pas que vous allez surcharger le système, parce que les coups de chaud, il faut les prendre très tôt ».
« On reste vigilant parce qu’on sait aussi que l’effet de la canicule arrive cinq à dix jours après le début de la canicule. Cette semaine est vraiment la semaine où il faut être très prudent », a-t-elle ajouté.
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