La vague actuelle de chaleur, qui tourne à la canicule, n’est pas une « urgence » sanitaire, a déclaré mardi la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, appelant néanmoins les Français, notamment les sportifs, à se « méfier » et à suivre les messages de prévention.
« On n’est pas dans l’urgence », a déclaré Mme Rist lors d’une visite du centre de crises de son ministère. « Les vagues de chaleur, on les connaît, (…) ce n’est pas nouveau. »
« Pour l’instant, ce qu’on peut dire, c’est qu’il n’y a pas de tensions particulières qui nous sont remontées (notamment aux urgences ou au Samu, NDLR), même s’il peut y avoir un peu plus d’appels, parce que les gens ne se sentent pas forcément bien quand il fait très chaud », a-t-elle poursuivi.
La ministre s’exprimait au moment où la France, comme d’autres pays européens, est frappée par une vague de chaleur exceptionnellement précoce pour une fin mai. Huit départements sont placés en vigilance orange canicule pour mardi.
Par ce caractère précoce, ces fortes chaleurs posent des problématiques particulières, l’année scolaire n’étant pas achevée et de nombreuses compétitions sportives étant encore au programme.
Interrogée sur l’opportunité de fermer des établissements ou d’annuler des événements sportifs, Mme Rist a renvoyé à une réunion prévue jeudi entre différents ministres, sous l’égide du chef du gouvernement, Sébastien Lecornu.
« Ce sont des débats (…) qui ne sont pas à trancher ici aujourd’hui », a déclaré Mme Rist. « On est au stade de la prévention, de l’adaptation. »
Mais « Il faut se méfier de ces vagues de chaleur même si on commence à en avoir l’habitude », a-t-elle prévenu, réitérant des messages de prévention habituels: boire de l’eau sans attendre d’avoir soif, veiller aux personnes âgées, ne pas se baigner dans les zones non surveillées et garder les enfants sous surveillance…
La ministre a notamment adressé un message de vigilance aux sportifs, alors que deux personnes sont décédées pendant le weekend lors d’événements sportifs et que d’autres malaises ont été recensés.
Il faut « ne pas faire autant d’efforts physiques que d’habitude », a déclaré Mme Rist. « Même si vous êtes un très grand sportif, votre corps ne réagit pas de la même façon. »
« On a effectivement eu un pic d’activité ce week-end » prolongé, « qui se confirme aujourd’hui avec en gros, 20% à 30% d’augmentation » du nombre d’appels au Samu, pour « principalement des malaises liés à la chaleur » et « des demandes d’hospitalisation plus importantes pour des personnes âgées », a indiqué sur RTL le Pr Louis Soulat, chef des urgences de Rennes et administrateur de Samu-Urgences de France.
Les effectifs ont été renforcés pour y faire face, « mais c’était plus compliqué avec le week-end de Pentecôte », a-t-il poursuivi. « Les quatre départements bretons sont impactés de façon forte, y compris le Finistère », qui « n’a pas l’habitude d’avoir ce type de températures », a-t-il souligné.
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