L’Union européenne ne s’attend pas à une « révolution » en faveur de l’action climatique lors de la COP31 en Turquie tant le contexte international est difficile, mais espère des progrès concrets en matière d’énergies propres, a expliqué la Commission vendredi à Bruxelles.
Cette conférence de l’ONU sur le climat s’ouvre lundi à Antalya, et doit s’achever le 20 novembre.
Les Européens ne cachent pas leurs attentes limitées avant ce rendez-vous.
« Ce n’est un secret pour personne que le contexte géopolitique est très difficile actuellement », a souligné un fonctionnaire européen, notamment en raison du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat.
A la COP31, « nous devons ajuster nos attentes. Nous ne pouvons pas espérer une révolution en matière d’action climatique. Mais ce que nous voulons, c’est réellement montrer et consolider des progrès constants », a expliqué ce responsable.
En matière de financements climatiques, l’Union européenne, premier contributeur mondial, « respectera ses engagements », mais « il n’y a aucune marge de manoeuvre et aucune volonté politique » pour des engagements financiers supplémentaires, a aussi rappelé ce fonctionnaire.
« Il n’est pas question de prendre un nouvel engagement financier », a-t-on abondé de source française, lors d’un échange distinct avec des journalistes.
La France s’est toutefois dite ouverte à une discussion sur la part de la finance pour l’adaptation au changement climatique, réclamée par des pays en développement. « Ce sera l’un des enjeux de la COP » et « il faudra qu’on apporte une réponse », a-t-on jugé dans l’entourage de la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut.
Durant la COP31, l’Union européenne soutiendra notamment l’initiative de la présidence turque en faveur de « l’électrification » de l’économie, pour remplacer des combustibles fossiles, a aussi indiqué la Commission.
La Turquie vise un objectif non-contraignant de 35 % d’électricité dans la consommation finale d’énergie d’ici 2035, contre environ 20 % actuellement.
L’Europe plaide pour que la mesure concerne bien l’électricité « propre », issue des renouvelables ou du nucléaire, afin de décourager la production d’électricité dans les centrales à charbon, particulièrement polluantes.
Mais Bruxelles sait que le terme « propre » sera difficile à faire figurer dans la déclaration finale de la COP, face aux résistances des producteurs de combustibles fossiles.
« Le terme +propre+ peut poser problème à certains acteurs. Il pourrait exister d’autres façons de formuler cet objectif », a estimé un fonctionnaire européen.
L’UE veut une électrification « aussi propre que possible. Il reste à voir comment cela sera finalement formulé », a-t-il dit.
La France insiste de son côté pour que l’objectif d’électrification soit inclus dans une décision formelle de la COP, donc contraignante, « adoptée par toutes les parties, et pas seulement par un petit groupe d’États ». « Ça enverra un message beaucoup plus fort si c’est le cas », a-t-on jugé.
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !