Le gouvernement a lancé jeudi la concertation sur la consigne pour les bouteilles en plastique, idée récemment remise sur la table par le président de la République Emmanuel Macron, sans parvenir à convaincre des collectivités toujours réticentes.
Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, organisait jeudi une « réunion de travail » avec des associations et ONG environnementales, avant « une réunion plénière à la mi-juin ».
« La concertation est lancée » afin « de discuter de la mise en oeuvre de leviers concrets pour améliorer les performances françaises en matière de recyclage des emballages plastiques. La consigne pour recyclage fait partie des leviers possibles étudiés », a indiqué le ministère dans un communiqué.
Emmanuel Macron avait demandé le 19 mai au gouvernement d’engager une concertation sur la consigne pour les bouteilles en plastique, qui consisterait à installer des bacs dans les supermarchés pour récupérer les bouteilles usagées, moyennant quelques centimes pour les consommateurs.
Les associations d’élus locaux ont aussitôt redit leur vive opposition à ce projet qui les priverait des recettes qu’elles tirent de la revente du plastique collecté dans les centres de tri. Elles dénoncent aussi une « fausse consigne » destinée surtout au recyclage et non à la réutilisation des contenants.
« Avec seulement 26% des emballages plastiques recyclés aujourd’hui, la France doit accélérer sa transition vers une économie circulaire industrielle » et notamment « réduire la contribution financière de 1,5 milliard d’euros par an à l’Union européenne » en lien avec les plastiques non recyclés, a fait valoir le ministère.
Mais les arguments peinent toujours à convaincre.
« Le débat était tendu parce qu’effectivement on a eu l’impression que les mesures autour de la fausse consigne étaient juste là pour faire passer cette mesure que beaucoup combattent », a expliqué à l’issue de la réunion Nicolas Garnier, délégué général du réseau de collectivités Amorce.
Il a dénoncé « un antagonisme total entre toutes les mesures qui étaient proposées en matière de prévention, de collecte sélective et de recyclage et cette mesure qui, on le sait tous, a pour vocation et a pour conséquence d’augmenter le plastique ».
Côté ONG, le directeur de Zero Waste France, Bastien Faure, a aussi dénoncé un projet « très insuffisant, voire contre-productif ».
« Il faut de toute urgence renverser la vapeur et sécuriser, par tous les moyens législatifs et réglementaires, les filières qui proposent des alternatives à l’usage unique, comme le vrac et le réemploi », a-t-il jugé.
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