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Cyberespionnage : une nouvelle campagne russe détectée par une entreprise française

Posté le par AFP

Une campagne de cyberespionnage visant des téléphones portables a été documentée et attribuée à la Russie par l’entreprise française de cybersécurité Sekoia, qui a publié mercredi un rapport sur le sujet.

Cette dernière indique avoir repéré une campagne destinée « à voler les cookies de navigateur et, dans certains cas, les mots de passe Wi-Fi ou l’intégralité des données » sur des téléphones portables.

Ces cyberattaques étaient fondées sur la technique du « point d’eau », qui consiste à piéger un site internet pour atteindre les internautes.

Les attaquants ont ciblé une dizaine de sites web d’entreprises américaines, d’un parti d’extrême droite européen et d’un site bulgare « pour venir y injecter un code malveillant », détaille à l’AFP Amaury-Jacques Garçon, analyste en cybermenace chez Sekoia.

Ils ont également créé des sites internet malveillants, qui imitaient des sites légitimes, notamment en dupliquant le site d’un hôtel britannique situé en face du ministère de la Défense. « Le groupe d’intrusion a peut-être cherché à cibler des délégations diplomatiques et des invités de premier plan », souligne Sekoia.

Le groupe d’attaquants a aussi visé un opérateur ukrainien dont les traqueurs sont utilisés dans « des milliers de sites web, dont la grande majorité sont ukrainiens ».

« Pour estimer le nombre d’utilisateurs finaux qui auraient été touchés par cette campagne, c’est un peu compliqué, ça dépend vraiment du trafic de chaque site », explique M. Garçon, qui évoque « plusieurs milliers » de personnes potentiellement touchées.

Les attaques utilisaient des failles cyber sur d’anciennes versions d’applications mobiles. Les internautes qui avaient installé les mises à jour n’ont ainsi pas pu être touchés.

Les attaques n’ont pas eu d’effet persistant, selon Sekoia : elles avaient pour but d’exfiltrer des données sur un téléphone à un moment précis, et pas d’y installer un virus.

« Nous estimons, avec un degré de confiance moyen à élevé, que cette campagne a été menée par APT29, un groupe d’intrusion lié à la Russie, largement attribué au service des renseignements extérieurs russes (SVR) », a indiqué l’entreprise.

Elle explique notamment avoir trouvé des similitudes avec d’autres campagnes attribuées au même groupe.

Le phénomène n’est pas nouveau : dans un rapport de novembre 2025, l’agence de cybersécurité française (Anssi) avait détaillé plusieurs cas d’exploitation de vulnérabilités cyber sur des mobiles, notamment par des acteurs étatiques de plusieurs pays, dont la Russie.

En mars, Google avait quant à lui documenté une méthode d’exploitation de vulnérabilités retrouvée par Sekoia dans la campagne.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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