Le système monétaire international n’est pas prêt à faire face aux risques majeurs de cyberattaques permis par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, a averti dimanche la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).
« Nous n’avons pas, en tant que communauté internationale, la capacité collective de protéger le système monétaire international contre des risques cyber de grande ampleur », a déclaré Kristalina Georgieva sur la chaîne CBS, à la veille du début des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale (BM) à Washington.
« Les risques ne cessent de croître de façon exponentielle », a-t-elle ajouté, appelant les grandes banques centrales mondiales à « être très attentives » et à « travailler ensemble » pour combler ce vide.
« Le temps n’est pas notre allié en la matière », a assuré Mme Georgieva.
L’économiste bulgare réagissait à une réunion qui s’est tenue vendredi à Washington, lors de laquelle les plus hauts responsables financiers américains ont abordé les implications cybersécuritaires du report par Anthropic de son nouveau modèle d’IA Mythos, présenté comme trop dangereux en l’état.
L’entreprise a affirmé le 7 avril que Mythos était capable de détecter des failles informatiques inédites à une vitesse et une échelle sans précédent. Et qu’elle avait confié à un consortium d’entreprises de la tech, dont Google, Nvidia, Apple, Microsoft et Palo Alto Networks, la tâche de tester le modèle et de combler les failles avant d’envisager sa publication.
Ce consortium exclusivement américain ne comprend aucune institution étrangère, soulevant la question de la préparation du reste du monde face à un modèle dont les capacités offensives ne s’arrêteraient pas aux frontières des Etats-Unis.
La publication des performances de Mythos est accueillie par un grand nombre d’experts en cybersécurité comme la concrétisation de leurs prévisions de longue date sur la montée en puissance fulgurante de l’IA générative.
Elle suscite aussi des commentaires critiques accusant Anthropic de surjouer les risques d’une technologie qu’elle commercialise activement, dans une compétition acharnée avec OpenAI et son puissant modèle ChatGPT.
Ces annonces interviennent alors que les marchés financiers américains ont les yeux rivés sur les projets d’introduction en Bourse record de ces deux rivaux, attendus dans le courant de l’année.
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