Le chef d’état-major interarmées français, le général Fabien Mandon, a appelé jeudi les Etats à avoir une « approche éthique, de responsabilité » dans leurs actions militaires dans l’espace, milieu non régulé où les rivalités s’affirment de plus en plus.
« Il y a des risques aujourd’hui à l’usage militaire de l’espace qui présente un enjeu collectif, un enjeu global, et il faut absolument raisonner avant que certains aillent trop loin », a jugé le plus haut gradé français lors du sommet spatial international organisé à Paris.
Les actions « inamicales » dans l’espace se multiplient avec notamment des manoeuvres de rapprochement de satellites pour en espionner ou potentiellement en brouiller d’autres.
« On peut passer d’une situation où tout allait bien, à une action hostile, proche, rapide. Pour ceux qui ne savent pas surveiller ce qui se passe dans l’espace, ils n’en ont même pas conscience », a observé le général Mandon.
Il faut donc avoir, selon lui, une « réflexion collective » pour notamment « responsabiliser les approches de défense spatiale ».
« On ne peut pas imaginer un affrontement débridé, ou alors les conséquences seraient très fortes, y compris pour ceux qui ne sont pas partis à la guerre », a-t-il mis en garde.
Le nombre de satellites a grimpé de 440% depuis 2019, a-t-il rappelé, avec plus 17.000 satellites désormais en orbite. La destruction d’engins dans l’espace engendrerait une nuée de débris et un effet en chaîne susceptible de rendre impraticables certaines orbites.
Sans être de grandes puissances spatiales, certains Etats pourraient être tentés d’employer des moyens asymétriques pour affaiblir leur adversaire. « On peut imaginer que certains conçoivent des satellites capables de projeter des millions de microbilles, ce qui leur permettrait d’annihiler tout un espace dans lequel évolueraient des satellites adverses », a-t-il indiqué.
La France a prévu de consacrer plus de 10 milliards d’euros au spatial de défense d’ici 2030. Pour répondre tant aux besoins de communications que d’observation, l’armée française a besoin « de plus en plus d’objets dans l’espace ».
« Aujourd’hui, la quantité devient une qualité » afin d’accélérer les observations et les communications, a-t-il expliqué car « celui qui comprend le plus vite et qui agit le plus vite prend l’ascendant ».
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