L’organisation professionnelle France Renouvelables voudrait faire de l’électrification « un projet national au cours du prochain quinquennat » en avançant jeudi seize pistes pour réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles, dont les prix ont flambé en raison de la guerre dans le Golfe.
« Nous proposons aux candidats de la présidentielle un seul objectif: diviser par deux notre dépendance aux énergies fossiles d’ici 2035, et faire de la France la première électro-puissance européenne », a déclaré Jérémie Almosni, délégué général de l’organisation, qui défend les intérêts des entreprises de l’éolien ou du solaire.
« L’enjeu n’est plus de décarboner la production » d’électricité en France, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, « il est d’utiliser davantage cette électricité pour substituer progressivement les usages aujourd’hui dépendant du gaz et du pétrole ».
L’association professionnelle appelle dans cette perspective à la création d’une « programmation pluriannuelle de l’électrification », une feuille de route spécifique pour l’électricité, dans l’objectif de ramener à 30% la part des énergies fossiles importées en 2035, contre environ 60% aujourd’hui.
Cette « PPELEC » s’appuierait sur un conseil national de l’électrification chargé de fixer les objectifs sectoriels, le calendrier et les moyens nécessaires à cette trajectoire.
Elle propose également que la France soit à l’initiative d’une « Communauté européenne de l’électrification (CEE) », à l’instar de l’Europe du charbon et de l’acier dans les années 1950, pour « faire de la sortie des énergies fossiles et de la souveraineté énergétique un objectif de cohérence à l’échelle européenne ».
Selon elle, il est indispensable d’organiser l’ensemble du système énergétique en partant des besoins futurs d’électrification de l’économie (industrie, transports, bâtiments, numérique) afin d’anticiper les capacités de production, de réseau, de stockage et de flexibilité nécessaires.
Elle assure qu’un développement renforcé des énergies éolienne et solaire pourrait réduire d’environ 8% le prix moyen de marché de l’électricité en 2035, « soit près de 900 millions d’euros d’économies annuelles pour les Français ».
Selon elle, les filières renouvelables électriques représentent plus de 90.000 emplois en France et pourraient approcher 175.000 en 2035 si l’électrification accélère.
France Renouvelables appelle notamment à faciliter le développement des contrats d’achat d’électricité renouvelable à long terme par les entreprises et les collectivités (PPA) et d’accompagner l’électrification des PME-PMI.
Elle veut aussi permettre aux consommateurs de bénéficier de dispositifs tarifaires avantageux aux périodes de forte production des énergies renouvelables et aux agriculteurs, de tarifs « de proximité » grâce à l’électricité produite localement, notamment l’agrivoltaïsme.
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