Touché par le déclin du journal papier et la baisse des revenus publicitaires, le quotidien Ouest-France, numéro un des ventes nationales, prévoit de supprimer 156 postes, dont 116 dans les rédactions, a appris l’AFP mercredi de source syndicale.
Aucun licenciement n’est envisagé. Il s’agira uniquement de départs naturels, en particulier des CDD et des départs à la retraite non remplacés, a-t-on précisé de même source.
Le plan a été présenté jeudi 17 septembre aux représentants des salariés lors d’un comité social et économique (CSE). Une procédure d’information-consultation a été lancée et durera jusqu’au 17 novembre. Mais l’avis des représentants du personnel n’est que consultatif.
Contactée par l’AFP, la direction n’a pas souhaité faire de commentaire à ce stade. « Dans cette phase d’information-consultation, nous souhaitons réserver notre parole à l’interne », a-t-elle expliqué.
Ce plan d’économies, qui touche pour la première fois les journalistes, a été initiée à l’automne 2025 par la direction. Mais elle n’avait pas encore chiffré les suppressions d’emplois.
L’objectif affiché est de rétablir d’ici à 2028 l’équilibre financier du quotidien, déficitaire depuis cinq ans. Ouest-France a enregistré en 2025 une perte nette de 8,9 millions d’euros.
Implanté en Bretagne, Pays-de-la-Loire et Normandie, le journal basé à Rennes a écoulé près de 600.000 exemplaires par jour en moyenne l’an dernier (ventes numériques incluses), plus que Le Monde ou Le Figaro, mais il n’échappe pas à la crise de la presse.
Afin de redresser ses comptes, Ouest-France, qui s’est beaucoup endetté ces dernières années, table sur une baisse d’environ 10% de la masse salariale pour réduire ses charges annuelles de 15 millions d’euros. Son projet, nommé Efficience 2, prévoit aussi des gains d’efficacité par des réorganisations et l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA).
Dans un tract, l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, SNJ, a dénoncé « un plan social inacceptable qui ne dit pas son nom » et a appelé à des assemblées générales. Les syndicats craignent une dégradation des conditions de travail avec la « disparition programmée de plus de 20% des secrétaires de rédaction et de plus d’un tiers des assistants de rédaction ».
« Les gens sont assez choqués. C’est la première fois qu’il y a un tel plan dans le journal », a déclaré à l’AFP Vanessa Ripoche, journaliste et déléguée syndicale SNJ du quotidien.
Ouest-France subit une érosion des ventes papier de 5% à 6% par an, non compensée pour l’instant par la progression du numérique. Le journal souffre aussi de la faiblesse du marché publicitaire et de l’exploitation de ses contenus par les grandes plateformes numériques sans juste contrepartie financière.
La direction a promis de tout mettre en oeuvre pour « protéger les emplois permanents » et éviter un plan social comme ceux annoncés par Centre France (La Montagne…) ou Prisma (Geo, Capital…).
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !