Le développement d’une intelligence artificielle (IA) économe en énergie doit être une priorité pour la France, qui doit aussi pousser pour des mesures européennes en ce sens, selon un rapport sénatorial publié lundi.
« L’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle constitue à la fois un défi pour la planète et une opportunité pour la France et l’Europe », a déclaré Guillaume Chevrollier, sénateur Les Républicains, coauteur du rapport, lors d’une conférence de presse.
A l’échelle mondiale, les émissions des centres de données, qui sous-tendent cette technologie, « pourraient atteindre 630 à 950 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2030, soit jusqu’à deux fois les émissions annuelles de la France », rappellent les sénateurs.
Ils préconisent l’implantation de centres de données en France en raison du mix électrique, décarboné à 95%, et de règles plus strictes qu’ailleurs sur la consommation d’eau notamment.
Le rapport propose la création en France d’un fonds pour encourager les centres de données à capter la chaleur issue de ces infrastructures, appelée « chaleur fatale », pour alimenter des réseaux de chauffage, même s’il pointe aussi que cette récupération n’est pas toujours possible et dépend fortement de la localisation du « data center ».
Privilégier une implantation de ces centres de données sur d’anciens sites industriels et la création de bâtiments mixtes, avec un « data center » et une entreprise de logistique par exemple, sont aussi des pistes à explorer, d’après les sénateurs.
Cela permettrait d’avoir une « IA connectée au territoire », a expliqué Simon Uzenat, sénateur socialiste, coauteur du rapport.
Les rapporteurs appellent aussi à une généralisation de la prise en compte de l’empreinte environnementale de l’IA par la commande publique française.
Au niveau européen, le document plaide pour l’élaboration d’un standard d’évaluation des modèles d’IA face au constat d’une « absence de méthodologie commune » et du « manque de transparence sur les données utilisées » de la part des entreprises du secteur, principalement américaines.
Ils suggèrent la création d’une notation des modèles d’IA en fonction de leur impact sur l’environnement, à l’image des étiquettes énergétiques qui figurent sur les appareils électroménagers.
Comme un écho à ces recommandations, l’Union européenne a proposé lundi la mise en place d’un « label de durabilité » des centres de données à partir de 2027 qui fournira « une information transparente » sur leur utilisation réelle des ressources en eau et en énergie. Il s’appliquerait aux « data center » disposant d’une puissance supérieure à 500 kW.
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