Avec la flambée actuelle des prix des carburants, les infirmières libérales, qui interviennent au domicile des patients, se déplacent « à perte », alertent des représentants de la profession lundi, réclamant des indemnités plus élevées et « indexées » sur ces prix.
Dimanche, le prix du gazole atteignait 2,41 euros en moyenne en France, un nouveau record, mais l’indemnité forfaitaire qui compense les déplacements des infirmières, versée par l’Assurance maladie, « reste figée à 2,75 euros, inchangée depuis janvier 2024 », souligne le syndicat représentatif Convergence infirmière dans un communiqué.
Une partie des infirmières peuvent facturer des « indemnités kilométriques » (dépendantes du nombre de kilomètres) en plus de cette indemnité forfaitaire, mais pas lorsqu’elles résident dans la même agglomération que le patient qu’elles vont voir, observe le syndicat.
Ainsi, par exemple, « pour une injection intramusculaire au domicile d’un patient situé à sept kilomètres du cabinet, l’infirmière libérale facture 7,25 euros (acte et indemnités comprises). Le déplacement lui coûte 6,02 euros » et il lui reste « 1,23 euro, pour une intervention qui mobilise environ 25 minutes, soit moins de 3 euros/heure avant toute charge sociale et fiscale », calcule Convergence infirmière.
Ce raisonnement « se répète à l’identique pour un pansement, une perfusion, une surveillance clinique, une prise de sang »: l’infirmière « perd de l’argent » en allant à domicile, « ce n’est pas soutenable », plaide l’organisation.
En zone rurale, en plaine, l’infirmière peut facturer en supplément 0,35 euro par kilomètre effectué, mais « l’administration fiscale reconnaît un coût de revient de 0,43 euro », déplore-t-elle encore.
Outre le carburant, l’indemnité de déplacement est d’ailleurs supposée couvrir « l’achat du véhicule, l’assurance, les pneus, les révisions, l’entretien et les réparations ».
« Notre voiture n’est pas notre moyen de nous rendre au travail. C’est notre outil de travail (…) Si les soignants ne peuvent plus rouler, les patients ne seront plus soignés chez eux, et ils finiront à l’hôpital, qui n’a déjà plus de place », avertit dans un autre communiqué le collectif des infirmiers libéraux en colère (Cilec).
Les infirmières ne « réclament pas une aide », mais « un remboursement de ce qu'(elles) avancent pour aller soigner », ajoute-t-il.
Les deux organisations réclament une hausse importante de l’indemnité forfaitaire de déplacement – 3,50 euros pour le Cilec, 4 euros pour les patients dépendants pour Convergence infirmière – et une indexation de l’indemnité sur les prix réels des carburants.
Elles réclament aussi « un accès prioritaire » aux carburants en période de tension d’approvisionnement.
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !