L’administration Trump, pourtant réputée hostile à toute régulation de l’IA, étudie la possibilité d’imposer un contrôle gouvernemental des modèles d’intelligence artificielle avant leur mise sur le marché, compte tenu des risques en termes de cybersécurité, a rapporté lundi le New York Times.
La Maison Blanche élabore un décret présidentiel qui créerait un groupe de travail réunissant responsables gouvernementaux et dirigeants de la tech, chargé d’établir des procédures d’évaluation pour les nouveaux modèles d’IA, indique le quotidien américain, citant des sources au sein de l’administration.
Un porte-parole de la Maison Blanche cité par le New York Times a toutefois tempéré, qualifiant d' »hypothétiques » les discussions autour d’un tel décret.
De hauts responsables de l’administration auraient exposé ces projets la semaine dernière à des représentants d’Anthropic, Google et OpenAI.
Ceux-ci constitueraient un revirement spectaculaire du président Donald Trump qui avait fait de la déréglementation son étendard en matière de technologie.
Dès son retour à la Maison Blanche, il avait abrogé les exigences de tests de sécurité imposées en 2023 par l’administration Biden, invoquant la nécessité de ne pas brider l’innovation en pleine compétition technologique avec la Chine.
Mais les inquiétudes sociétales croissantes envers l’IA, touchant l’emploi, l’énergie, l’éducation ou la santé mentale, semblent avoir renversé la tendance.
Le déclencheur immédiat fut l’émergence de Mythos, le puissant modèle d’IA d’Anthropic. L’entreprise a affirmé que ce modèle était trop efficace dans la détection des failles informatiques pour être rendu public sans danger.
L’administration Trump, qui se prépare à l’échéance des élections de mi-mandat cet automne, cherche à éviter le contre-coup politique d’une cyberattaque majeure facilitée par l’IA, tout en évaluant l’intérêt militaire de ces modèles pour le Pentagone et les agences de renseignement.
David Sacks, figure emblématique de la Silicon Valley et ancien Monsieur IA de la Maison Blanche, farouche défenseur de la déréglementation, a quitté ses fonctions en mars. La cheffe de cabinet Susie Wiles et le ministre des Finances Scott Bessent ont pris le relais, indiquant à leur entourage qu’ils entendaient s’impliquer plus activement dans la définition de la politique américaine en matière d’IA, selon le New York Times.
Ce débat intervient alors que l’administration traverse une période de turbulences sur le dossier IA, compliquée par un contentieux juridique entre Anthropic et le Pentagone portant sur un contrat de 200 millions de dollars.
bl/ph
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