La présidente du jury de la Mostra de Venise, Maggie Gyllenhaal, a dit vendredi avoir renoncé à utiliser la génération d’images par intelligence artificielle (IA) pour réaliser son court-métrage sur Marilyn Monroe en raison de problèmes de qualité.
« Flesh Impact », le film de 17 minutes réalisé par l’actrice et réalisatrice américaine fait partie de la sélection officielle de la 83e Mostra de Venise. Le court-métrage imagine l’icône des années 1950 Marilyn Monroe comme si elle avait vécu jusqu’à 100 ans.
La star de « The Dark Knight » a raconté lors d’une discussion sur l’IA à Venise comment la technologie d’intelligence artificielle – l’un des principaux sujets du festival – est agressivement imposée aux réalisateurs comme mesure d’économie et comme alternative au jeu d’acteur.
« Les gens qui m’ont commandé ce projet m’ont demandé d’utiliser l’intelligence artificielle », a raconté la cinéaste de 48 ans lors d’un événement intitulé « The Future of… Creativity ».
« Ils utilisaient une IA développée à partir de contenus sous licence, entraînée sur des films de Marilyn Monroe dont nous avions acquis les droits. Et je me suis lancée », a expliqué la réalisatrice de « The Lost Daughter ».
La technologie devait transformer l’actrice de « Fifty Shades of Grey », Dakota Johnson, en une version âgée de Monroe. Mais « fondamentalement, cela n’a pas fonctionné », a déclaré Gyllenhaal.
« On a travaillé dur dessus, mais au final, j’ai tout mis à la poubelle parce que ce qu’on produisait avec Dakota jouant Marilyn Monroe était tellement plus émouvant, humain, vivant », a-t-elle poursuivi.
Le témoignage de Maggie Gyllenhaal souligne les limites actuelles de la vidéo générée par IA, qui suscite des craintes concernant les suppressions d’emplois dans l’ensemble des secteurs du cinéma et de la télévision, ainsi que concernant le vol massif de propriété intellectuelle par les éditeurs de logiciels.
S’exprimant au même événement vénitien, la patronne de l’application de messagerie open source Signal, Meredith Whittaker, a mis en garde contre une IA contrôlée par une poignée de milliardaires, tout en exhortant le public à « ne pas croire au battage » autour de cette technologie.
L’icône hollywoodienne George Clooney s’est toutefois montré pessimiste quant à ses implications. « Beaucoup de gens vont être remplacés, pas seulement les acteurs : les membres des équipes techniques, les superviseurs des effets visuels », a déclaré l’acteur de 65 ans, qui a reçu mercredi un prix couronnant l’ensemble de sa carrière à Venise.
Dans une interview à l’AFP plus tôt cette semaine, le patron de la Mostra de Venise, Alberto Barbera, a reconnu les dangers de l’IA, mais s’est montré plus optimiste que d’autres grandes figures du cinéma.
Le 10 septembre sera d’ailleurs présenté sur le Lido — hors compétition — « Be Brave », un documentaire italien consacré à Renzo Rosso, le fondateur de la marque Diesel, qui a été entièrement réalisé grâce à l’intelligence artificielle.
Maggie Gyllenhaal a également raconté la manière dont des entreprises d’intelligence artificielle approchent les acteurs pour obtenir des licences de leur image afin de les reproduire grâce à des logiciels d’IA.
« J’ai pensé que cela relevait d’une logique complètement différente de la mienne, de ma manière de penser et de travailler », a-t-elle relevé.
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