La start-up américaine Character.ai, devenue l’un des symboles des possibles dérives des chatbots d’intelligence artificielle (IA), a déposé le bilan et annoncé un accord avec Disney portant sur des actifs du groupe.
Elle a fait état de « difficultés significatives » sur les plans judiciaire, réglementaire et opérationnel pour justifier sa décision de se placer sous la protection de la loi sur les défaillances d’entreprises, appelée chapitre 11, selon un communiqué publié dans la nuit de lundi à mardi.
Lancée en septembre 2022, quelques semaines avant ChatGPT, l’application de Character.ai proposait de personnaliser son robot conversationnel en fonction de ses goûts et centres d’intérêt.
La dimension ludique et individualisée de ces interfaces a rapidement attiré le jeune public, certains faisant de ces robots conversationnels des compagnons IA.
En octobre 2024, la jeune pousse de Menlo Park (Californie) a été attaquée en justice par Megan Garcia, dont le fils de 14 ans s’était donné la mort en février de la même année.
Cette mère faisait valoir que l’adolescent était devenu émotionnellement dépendant à un chatbot inspiré de la série littéraire et télévisée « Le Trône de fer ».
La société a ensuite été visée par plusieurs autres procédures liées à des allégations similaires.
En octobre 2025, Character.ai avait décidé de bloquer l’accès à ses produits aux mineurs, sous la pression de l’opinion et à la suite de l’accumulation de poursuites.
En janvier 2026, l’entreprise californienne avait conclu un accord amiable avec plusieurs familles.
Character.ai était aussi dans le viseur d’entreprises lui contestant l’utilisation sans autorisation d’univers et de personnages de fiction protégés par le droit de la propriété intellectuelle.
C’était le cas de Disney, notamment, qui en septembre 2025, avait enjoint à la plateforme de retirer tous les contenus liés au géant du divertissement.
Ironie du sort, en septembre 2026, Disney a débauché le patron de Character.ai, Karandeep Anand, pour en faire son responsable technologique.
Après s’être opposé à Character.ai, le groupe de Burbank (Californie) a même déjà proposé de reprendre certains actifs pour 20 millions de dollars dans le cadre du dépôt de bilan, a annoncé la start-up.
L’accord prévoit également que Disney va mettre au service de Character.ai plusieurs anciens employés de l’entreprise IA qu’elle avait débauchés.
Ils doivent notamment faciliter la procédure de sauvegarde et la recherche de repreneurs pour les actifs de la société.
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