Kim Jong Un est arrivé samedi à Dandong, ville chinoise frontalière de la Corée du Nord, en empruntant le pont récemment inauguré reliant les deux pays, selon le gouvernement sud-coréen et l’agence de presse Yonhap.
« Il semble que Kim Jong-un soit arrivé à Dandong, en Chine, en empruntant le nouveau pont sur le fleuve Yalu », a déclaré une source gouvernementale sud-coréenne, sous couvert de l’anonymat, sans donner plus de détails.
L’agence de presse sud-coréenne Yonhap a également rapporté, citant une source gouvernementale anonyme, que le dirigeant était arrivé dans cette ville du nord-est de la Chine « plus tôt dans la journée ».
Contacté par l’AFP pour obtenir une confirmation, le ministère chinois des Affaires étrangères n’a pas donné suite dans l’immédiat.
Ce nouveau pont, inauguré il y a plus d’une semaine, doit renforcer les liens économiques entre l’un des pays les plus reclus au monde et son puissant voisin.
L’ouvrage à quatre voies, d’une longueur de 3.026 mètres, a été achevé en 2014, mais son ouverture a été retardée par différents problèmes, notamment l’absence de routes de raccordement et d’installations douanières côté nord-coréen, selon les médias sud-coréens.
Ce déplacement intervient alors que les dirigeants mondiaux se préparent au sommet de l’Apec (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) en novembre à Shenzhen, en Chine, alimentant les spéculations sur une éventuelle rencontre entre le dirigeant nord-coréen et le président américain Donald Trump.
Il a également lieu avant que le président chinois Xi Jinping et d’autres hauts responsables du Parti communiste ne se réunissent lundi à Pékin pour la cinquième session plénière du puissant Comité central.
– Accueil par le Premier ministre chinois –
Le quotidien Korea JoongAng Daily, citant une source gouvernementale sud-coréenne anonyme, a indiqué que Kim Jong Un avait été accueilli par le Premier ministre chinois Li Qiang à son arrivée.
En le rencontrant à Dandong, Kim Jong Un « a peut-être cherché à réaffirmer la coopération économique convenue lors de la visite de Xi Jinping en Corée du Nord », plus tôt cette année, et « à faire pression sur la Chine pour qu’elle donne suite plus rapidement à ses engagements », a déclaré à l’AFP Yang Moo-jin, ancien président de l’Université sud-coréenne d’études nord-coréennes.
« Il a peut-être également cherché à obtenir le soutien actif et la coopération de Pékin en vue d’un éventuel sommet avec Trump à Shenzhen. »
La Chine reste un soutien diplomatique et économique primordial de la Corée du Nord, soumise à de multiples sanctions de l’ONU, malgré le rapprochement de la Corée du Nord avec la Russie, partenaire mais aussi rival régional de la Chine.
Kim Jong Un a accueilli Xi Jinping à Pyongyang en juin, peu après que ce dernier eut rencontré à Pékin Donald Trump et Vladimir Poutine.
L’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a rapporté plus tôt samedi que Kim Jong Un avait exhorté son armée à s’entraîner pour devenir « la plus forte du monde », lors d’une réunion de commandants de compagnie pendant deux jours à Pyongyang.
Vendredi, la Corée du Sud a proposé à son voisin des pourparlers militaires sur le tracé de la ligne de démarcation au centre de la Zone démilitarisée (DMZ) qui les sépare, après plusieurs incidents graves, a annoncé le ministère de la Défense de Séoul.
En septembre, trois soldats sud-coréens ont été blessés par l’explosion de deux mines nord-coréennes dans la DMZ, Séoul affirmant qu’elles avaient été posées de son côté de la frontière, ce que Pyongyang a catégoriquement nié.
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