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Le futur budget européen bloqué par les divergences franco-allemandes

Posté le par AFP

Conclure les négociations sur le méga-budget de l’Union européenne d’ici la fin de l’année semble de plus en plus difficile, de nombreux pays, dont la France, s’opposant toujours frontalement à l’Allemagne et ses alliés, partisans de coupes sévères.

L’Irlande, qui préside le Conseil de l’UE, doit présenter samedi un projet de budget de 2028 à 2034 révisé pour tenter de réconcilier les différents camps.

Les dirigeants des institutions européennes voudraient arracher un accord avant Noël, afin d’éviter que les négociations soient télescopées par les nombreuses échéances électorales de 2027, notamment la présidentielle en France, où l’extrême droite caracole en tête dans les sondages.

Mais un compromis franco-allemand, essentiel pour débloquer ces discussions toujours compliquées à Vingt-Sept, semble loin.

D’un côté, Berlin réclame des coupes de plusieurs centaines de milliards d’euros par rapport au projet élaboré l’an dernier par Bruxelles, avec d’autres pays du nord et du centre de l’Europe, surnommés les « frugaux ».

De l’autre, la France et son président Emmanuel Macron répètent qu’il faut un budget « ambitieux », pour avoir de « vraies politiques européennes ».

Dix-sept pays du sud et de l’est de l’Europe se sont regroupés dans un groupe baptisé « les amis de la cohésion », pour réclamer des dépenses plus élevées en faveur de l’agriculture et des régions.

Le sujet sera au menu d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement européens organisé jeudi et vendredi à Bruxelles.

A ce stade, chacun campe sur ses positions et les législatives anticipées prévues fin novembre en Espagne pourraient faire glisser le calendrier.

« On n’est pas sur la piste d’atterrissage probablement », a estimé cette semaine à titre personnel l’ex-commissaire européen Pierre Moscovici, désormais membre de la Cour des comptes européenne.

– « Coupes massives » –

A l’Élysée, on affirme que la France est « plutôt au centre et à l’équilibre de cette négociation ».

« Vous avez d’un côté les super frugaux qui veulent des coupes massives, garder leur rabais et qui, du coup, condamnent le budget européen à une forme de régression », et « de l’autre, les amis de la cohésion », juge la présidence française.

La bataille remonte à l’été 2025, lorsque la Commission européenne a proposé une enveloppe totale de 2.000 milliards d’euros pour financer l’Union européenne sur la période 2028-2034.

Soit un bond d’environ 60 % par rapport au budget actuel (hors plan de relance face au Covid-19), au profit de nouvelles priorités : compétitivité, innovation et défense. Et sans sacrifier pour autant les politiques traditionnelles auxquelles de nombreuses capitales sont attachées, comme la politique agricole commune.

« En période de réductions budgétaires dans tous les États membres, cela n’est tout simplement pas finançable. Car, au final, ce sont toujours les contribuables européens qui paient le budget de l’Union européenne », martèle le chancelier allemand Friedrich Merz.

Si le projet de budget ne représente qu’un peu plus de 1 % du revenu national brut de l’UE, autrement dit de la richesse totale qui sera perçue par les Européens durant ces sept années, les négociations se déroulent dans un climat financier tout sauf propice.

La France se débat avec ses difficultés budgétaires internes tandis que Friedrich Merz est fragilisé par la montée électorale du parti d’extrême droite AfD en Allemagne.

Pour débloquer les discussions, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen appelle à augmenter les « ressources propres » de l’UE, des recettes directement affectées à son budget, qui évitent d’alourdir les contributions des États membres.

« Sans accord sur de nouvelles recettes, le budget européen pourrait accuser un déficit important », qui conduirait à des « décisions difficiles, comme revoir les contributions des États membres à la hausse et les ambitions européennes, à la baisse », a prévenu la Cour des comptes européenne.

« L’équation ne peut être bouclée que si l’on a un niveau suffisant de ressources propres », souligne également l’Élysée.

Bruxelles a suggéré plusieurs pistes, dont une taxe sur les grandes entreprises, une autre sur les déchets électroniques, ou encore l’augmentation de la fiscalité sur le tabac.

Certains pays, ainsi que le Parlement européen, veulent quant à eux taxer les géants du numérique, au risque d’envenimer à nouveau les relations avec Washington, qui refuse que ses champions de la « tech » soient mis à contribution.

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