Les salariés du site Leboncoin seront en grève mercredi pour protester contre « la dégradation de leurs conditions de travail », en lien avec le rachat du site français d’e-commerce par deux fonds d’investissement anglo-saxons, selon une intersyndicale.
Cette dernière (CFDT, CGT, Solidaires Informatique) soupçonne « la direction de vouloir réduire la masse salariale » et estime que « depuis le rachat de l’entreprise par le consortium Blackstone/Permira, les salariés subissent une succession de décisions qui fragilisent durablement l’organisation du travail », dénonce-t-elle dans un communiqué.
Institution de la vente en ligne en France, le site Leboncoin est passé sous pavillon anglo-saxon en mai 2024, les fonds américain Blackstone et britannique Permira ayant acquis le spécialiste norvégien des annonces en ligne Adevinta, multinationale dont Leboncoin constitue l’un des joyaux.
« Le principe de la grève avait déjà été approuvé par une large majorité (plus d’une centaine de salariés) lors d’une assemblée générale syndicale organisée fin décembre 2025 », précise l’intersyndicale, tandis que la direction, interrogée par l’AFP, constate que « moins de 10% des collaborateurs se sont déclarés grévistes ».
Les syndicats ont appelé les salariés à se rassembler mercredi devant le siège de l’entreprise, dans le centre de Paris, et à faire grève, une première pour les employés du site Leboncoin en France selon eux.
Dans le détail, les syndicats s’inquiètent de l’augmentation des risques psycho-sociaux dans l’entreprise en raison de « la charge de travail », de « l’accumulation des réorganisations » et de « l’utilisation d’un outil de monitoring (surveillance, NDLR) intrusif pour mesurer le temps d’activité des télévendeurs ».
Ils s’inquiètent aussi de la réduction « forte » et « brutale » du télétravail par la direction, qui contraint certains salariés à quitter l’entreprise et d’autres à absorber « des surcoûts de transport importants et des temps de trajet devenus difficilement soutenables ».
« Notre modèle reste hybride, avec actuellement deux jours de présence au bureau par semaine, qui passeront à trois jours à compter de juillet, dans le cadre d’une transition progressive annoncée dès juillet 2025 », se défend la direction.
En outre, Leboncoin affirme qu' »aucun changement récent n’a été apporté aux outils utilisés par (ses) équipes de télévente » et que ces outils restent « conformes à la réglementation en vigueur ».
Leboncoin emploie quelque 1.500 salariés en France, répartis sur plusieurs sites: Paris, Nantes, Mâcon, Reims et Montceau-les-Mines.
ola/ak/er
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